Si l’on en croit la 45e étude sur les finances locales, publiée ce jeudi par la banque Belfius, les villes et communes ont su faire preuve de résilience face aux conséquences des crises qui se sont succédées au cours de la dernière législature. La perte de revenus fiscaux pendant la crise sanitaire, la reconstruction à la suite des inondations, ou encore l'augmentation des coûts énergétiques ont notamment contribué à alourdir leur facture. Des aides régionales leur ont toutefois permis de maintenir une croissance de leurs recettes. Le grand défi pour les finances locales, ces prochaines années, restera la charge croissante des pensions de leur personnel.
Les crises de ces dernières années n'ont pas fait vaciller les finances communales
La crise sanitaire provenant de l’épidémie de coronavirus, l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la crise de l’énergie, l’inflation croissante : autant de crises qui se sont succédées ces dernières années et qui ont mené à une croissance inédite des dépenses communales. Entre 2019 et 2024, ces dépenses - hors investissements - ont connu une augmentation soutenue de 5,8% en moyenne, avec un pic de 12,6% en 2022-2023.
Les indexations de salaires et l'évolution des charges de pensions du personnel statutaire ont notamment pesé sur l'évolution des dépenses de personnel, en hausse de 6,3% par an en moyenne au cours de la législature. La hausse du coût de l'énergie a également contribué à une augmentation des dépenses de fonctionnement pour les autorités locales, en progression de 5,2% en moyenne par an.
Une intervention accrue des centres publics d’aide sociale (CPAS) a par ailleurs été nécessaire en faveur des bénéficiaires d'aide sociale, eux aussi impactés par les crises. Les zones de police ont, elles, été durement touchées par l'augmentation des coûts énergétiques. Les autorités locales ont alors dû revoir à la hausse les dotations destinées à ces différents organes para-communaux.
Malgré les crises, les recettes communales ont toutefois enregistré une progression de 6,3% par an en moyenne au cours de la législature 2019-2024. L'indexation automatique des salaires des ménages a notamment eu un impact positif sur ces recettes. En effet, des salaires plus élevés se traduisent par une augmentation des recettes provenant de la taxe additionnelle à l'impôt des personnes physiques (IPP).
Les communes ont par ailleurs bénéficié d'un soutien financier de la Région et du fédéral pour surmonter les effets des différentes crises. Ce soutien s’est révélé suffisant pour couvrir les augmentations de coûts. Les taux d’imposition des habitants n’ont finalement été rehaussés que dans 42 des 300 communes flamandes et nulle part de façon significative. En parallèle, les investissements n’ont pratiquement pas diminué.
Les grands défis
Les villes et communes de Flandre placent maintenant la charge croissante des pensions de leur personnel statutaire tout en haut de leur liste des plus grands défis à venir. Ces pensions leur coûtent en effet actuellement déjà un milliard d’euros, et ce montant devrait monter à 1,3 milliard d’euro d’ici 2028. "Cela pourrait se faire aux dépens d’autres dépenses", estime l’analyste Anne-Leen Frauw chez Belfius.
"Au cours de la législature écoulée, les différentes crises souvent inédites et très intenses ont mis les finances communales sous pression", résume Dirk Gyselinck du comité de direction de la banque Belfius. "Mais malgré ces difficultés, les administrations locales ont résisté et ont continué à investir dans la société de demain, tout en maintenant leurs finances en équilibre".
