À Gand, les partis de gauche (Vooruit, Groen et PVDA) ont obtenu dimanche des résultats nettement meilleurs aux élections fédérales et régionales qu'ailleurs en Flandre. Groen, Vooruit et le PVDA progressent tous les trois. La N-VA et le Vlaams Belang obtiennent un statu quo. "L’électorat urbain vote en général pour des partis progressistes et Gand a une tradition de ville rebelle", explique le politologue Tony Valcke (UGent).
La N-VA est devenue le premier parti dans toute la Flandre et le Vlaams Belang a pu se hisser de manière convaincante à la deuxième place, avec des gains substantiels ici et là. Cette tendance a été ressentie partout, sauf à Gand. Dans la ville de Van Artevelde le résultat des élections est différent. Au scrutin régional, Vooruit est le premier parti avec 20 points de pourcentage, aux élections fédérales, Groen prend la tête avec 22 points de pourcentage. À chaque fois, le PVDA enregistre une croissance de 2 %.
"Gand a la réputation d'être un peu rebelle depuis le 19ème siècle", explique le politologue Tony Valcke (UGent). "Le mouvement socialiste a percé à l'époque, et au 20e siècle, le mouvement écologique s'y est également implanté. Nous constatons la même chose dans d'autres grandes villes".
"Il y a plusieurs explications possibles", ajoute Tony Valcke. "Gand est une ville étudiante, les gens qui y séjournent sont diplômés et ont un certain type d'emploi. Ils ont tendance à voter de manière plus progressiste".
Diplômés, immigrés et personnalités politiques populaires
Tony Valcke constate aussi que certaines personnalités politiques ont pu engranger des voix supplémentaires grâce à une bonne campagne. "C'est le cas de Petra De Sutter, de Groen, et de Conner Rousseau, de Vooruit, à Gand. Leur score personnel fait toute la différence pour ces partis.
"A Gand, des partis comme Groen et Vooruit se concentrent davantage sur les personnes issues de l'immigration, y compris en matière de politique. Il y a plus de diversité sur les listes électorales, ce qui garantit plus de votes de ce côté-là. Le PVDA, parti d'opposition, s'adresse aussi spécifiquement aux personnes issues de l'immigration.
"Gand est une ville jeune, mais il n'est pas certain que la jeunesse ait eu un impact important sur les résultats. Cela devrait être étudié plus en détail. Nous constatons que les partis radicaux, tels que le PVDA et le Vlaams Belang, ciblent les jeunes sur les réseaux sociaux. À Gand, le PVDA progresse d'environ 2 points de pourcentage.
Impact sur les élections communales
"Ces résultats auront un impact sur les élections communales d'octobre. A Gand, il sera intéressant de voir les relations entre Groen et Vooruit. Les partis formaient un cartel lors des élections précédentes. Or, Vooruit se présenteà présent devant les électeurs avec l'Open VLD. Chez les libéraux, il y a eu des coups de théâtre. Les enjeux des élections locales sont différents, mais cela peut encore avoir un impact".
Le bourgmestre Mathias De Clercq (Open VLD) a réagi au résultat par écrit. Il ne figurait sur aucune liste lors de ces élections et se concentre entièrement sur Gand. "Hier, il était question de la Flandre, de la Belgique et de l'Europe, en octobre, il sera question de Gand.
Nous écrivons une nouvelle histoire, une histoire unifiée. Nous avons de nombreuses personnalités fortes et nous présenterons bientôt un programme ambitieux. Nous envisageons les élections avec beaucoup de confiance.
