D’après le président du conseil du contentieux électoral flamand (Raad voor Verkiezingsbetwistingen) Herman Matthijs, des incidents lors du déroulé du processus électoral pourraient mener, en partie, à de nouvelles élections. Il n'est pas encore établi si cela sera le cas, mais c'est une éventualité à prendre en compte. La ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden, indiquait cependant vers 16h à la VRT qu’il ne semble "pas y avoir de problème structurel avec le vote des jeunes de 16 et 17 ans pour le moment".
"Des incidents pourraient théoriquement mener à de nouvelles élections partielles"
Les médias flamands, dont VRT NWS, rapportent des cas de mineurs d'âge de 16 et 17 ans qui auraient, en plus du scrutin européen, également voté pour les élections fédérales et régionales en Flandre. Or, pour la première fois, les Belges à partir de 16 ans peuvent voter pour les listes européennes, mais pas pour les fédérales et régionales, réservées aux plus de 18 ans.
Il est aussi question de certains résidents européens en Belgique qui auraient pu voter pour des listes flamandes et fédérales, alors qu'ils ne sont autorisés à s'exprimer que pour le scrutin européen. Vers 16h, l'ampleur des incidents n'avait pas encore pu être déterminée, mais à la fermeture des bureaux la situation devrait être clarifiée. Plusieurs bureaux devaient rester ouverts plus longtemps en raison de l’affluence d’électeurs.
Les témoins peuvent inclure des remarques à ce sujet dans les procès-verbaux qui doivent être établis par chaque bureau. Ces informations seront centralisées par circonscription, et il sera alors possible de déterminer combien de votes "en trop" ont été dépouillés, selon Herman Matthijs, professeur à l’UGent et la VUB.
Selon le président, ces irrégularités peuvent mener à des problèmes si la répartition des sièges s'avère serrée. "Dans le cas hypothétique où la répartition d'une circonscription dans une province se joue à 100 sièges, et que 200 personnes ont voté de trop au sein de ce groupe, alors nous avons un gros problème", donne-t-il en exemple. Les partis pourront dans ce cas introduire une plainte. "Il appartiendra alors aux parlements flamand et fédéral de choisir ce qui doit être fait respectivement", poursuit-il. "Ils devront alors juger éventuellement si les plaintes sont valables ou non".
Il n'est pas établi non plus si les élections doivent être à nouveau entièrement organisées. La probabilité d'un nouveau scrutin doit donc être prise avec des pincettes. "Cela n'a pas eu lieu depuis la Seconde Guerre mondiale", indique Herman Matthijs. En cas de plainte, les présidents de parlement devront convoquer une assemblée et prendre une décision. "Les nouvelles prestations de serment auront lieu en juillet. Une décision devra être prise rapidement à ce moment-là", observe encore le président de conseil du contentieux électoral flamand.
Verlinden : "Pas de problème structurel"
Il ne semble pas y avoir de problème structurel avec le vote des jeunes de 16 et 17 ans pour le moment, déclarait la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden vers 16h auprès de la VRT. "Le service public fédéral Intérieur n'a encore reçu aucun signalement officiel", a indiqué la ministre.
"L'organisation d'élections est bien sûr aussi une affaire de personnes. Il se peut qu'un président ait donné une carte à un jeune de 16 ans pour les trois parlements. Il ne semble pas y avoir de problèmes structurels aujourd'hui, mais bien des articles dans les médias ici et là." La ministre a enfin rappelé que, le vote étant secret, il est impossible de savoir qui a profité de ces voix "supplémentaires".
