Le Premier ministre Alexander De Croo et le ministre des Finances Vincent Van Peteghem ont présenté jeudi à la direction de l'usine automobile Audi Brussels une lettre d'intention soutenue par tous les gouvernements belges. Celle-ci vise à convaincre le constructeur automobile allemand de rester en Belgique après 2026.
Audi va analyser une lettre d'intention des autorités belges l'encourageant à rester dans le pays
"Nous souhaitons remercier le Premier ministre et les différents gouvernements pour cette lettre d'intention. Nous devons l'analyser, regarder les offres et voir comment les intégrer dans différents scénarios. En temps voulu, nous recontacterons le groupe de travail", s'est contenté de répondre le porte-parole de l'usine, Peter D'hoore, à l'issue d'une réunion d'une demi-heure dans un bureau du constructeur automobile Volkswagen, situé dans le quartier européen (vidéo ci-dessous). Il n'y avait aucune délégation d'Audi ni de Volkswagen Allemagne.
Audi possède une usine d'assemblage dans la commune bruxelloise de Forest, où est construit le SUV Q8 e-tron entièrement électrique. Mais son avenir est incertain. La marque a notamment annoncé que la nouvelle génération du Q8 e-tron ne serait plus produite à l'usine bruxelloise à partir de 2027. Le Premier ministre Alexander De Croo a rapidement mis en place un groupe de travail composé de représentants des différents gouvernements et de la direction de l'usine automobile, afin de trouver une solution pour l'avenir d'Audi Brussels avant les élections. L’usine emploie environ 3.000 personnes.
Ce travail s'est traduit par la rédaction d'une lettre d'intention. "Je n'étais pas convaincu que nous y arriverions avant les élections, mais nous y sommes parvenus", a confié le Premier ministre. "Dans quelques semaines, Audi reviendra avec des questions et des plans plus précis", a-t-il assuré. "Aucun dossier d'investissement n'est actuellement sur la table et il n'y a pas encore de garanties de la part du constructeur automobile. Mais c'est précisément pour cela que nous devons indiquer quelles sont les possibilités en Belgique, comme nous l'avons fait par exemple pour ArcelorMittal", a ajouté le Premier ministre.
Aucune promesse engrangée
Le chef du gouvernement fédéral a aussi pris en exemple l'usine Volvo à Gand. "Volvo a connu un moment de doute il y a dix ans. Aujourd'hui, ils produisent pour le monde entier." Alexander De Croo a nié toute opération de communication à des fins électorales, alors que la réunion s'est tenue à trois jours du scrutin fédéral, régional et européen. "Nous sommes ici sur invitation", a-t-il indiqué. "Nous faisons un pas en avant. La décision d'Audi ne tient pas compte de nos échéances électorales".
Dans leur lettre d'intention, les gouvernements fédéral et régionaux mettent en avant plusieurs mesures existantes dont Audi pourrait profiter : déduction fiscale des investissements, soutien à la formation du personnel, possibilité d'octroyer des sillons de fret ferroviaire en journée, faciliter d'octroi d'un permis pour une éolienne, possibilité de chômage temporaire, flexibilité du travail, soutien à la recherche et au développement. "Quand vous aimez quelque chose, vous ne voulez pas le voir partir", est-il écrit dans la lettre. Mais Audi n'a pas formulé de réponse ferme ce jeudi. "Il est difficile de voir aujourd'hui quelles mesures seront mises en œuvre", a admis le ministre des Finances Van Peteghem, confirmant qu'aucune promesse n'avait été faite.

