Environ 450 manifestants étaient rassemblés dimanche après-midi sur la Mediaplein à Anvers pour une manifestation contre l'antisémitisme. Le Centre juif d'information et de documentation (Joods Informatie & Documentatiecentrum -JID), récemment créé, souhaite que cette manifestation fasse comprendre que toute forme de haine à l'égard des Juifs doit être combattue. Le centre demande également que cet aspect soit inclus dans le nouvel accord de coalition en Belgique. "Nous redoutons trop souvent les attaques verbales et physiques" a déclaré l'organisateur de la manifestation.
Des centaines de personnes rassemblées dimanche à Anvers pour manifester contre l’antisémitisme
Depuis les attentats du Hamas du 7 octobre contre Israël et la guerre menée par l’armée israélienne à Gaza, les Juifs de notre pays se sentent menacés. Michel Kotek, du Centre juif d'information et de documentation (JID), le constate tous les jours. "Des vêtements d'enfants sont marqués d'une croix gammée, des écoliers se sentent exclus ou des étudiants juifs n'osent plus se rendre sur le campus".
Et cette crainte n'existe pas seulement chez les personnes qui expriment des opinions sur le conflit à Gaza. "C'est uniquement parce qu'ils sont juifs. Une étoile de David suffit à exclure quelqu'un. Cela n'a rien à voir avec une opinion sur le conflit. C'est inacceptable", estime Michel Kotek.
C'est pourquoi le JID avait décidé de descendre dans la rue à Anvers ce dimanche. "L'intention était d'envoyer un signal pour montrer que nous n'acceptons pas ce qui se passe actuellement", a-t-il déclaré. Selon la police, quelque 450 personnes étaient rassemblées pour manifester.
Beaucoup de Juifs se sentent concernés par la situation à Gaza. "Il y a un conflit qui est importé par les politiciens et les médias, et à cause de cela, nous nous sentons anxieux de toutes les manières possibles. Il y a des gens qui ne sont pas présents aujourd'hui à cette manifestation parce qu'ils ont tellement peur de manifester ensemble. Je pense que cela en dit assez".
Beaucoup de Juifs se sentent menacés
La manifestation se voulait apolitique, même si quelques drapeaux israéliens se sont glissés parmi les slogans contre l'antisémitisme, et même des drapeaux de l'opposition iranienne. Le rabbin Pinchas Padwa a lancé un appel général à la tolérance et à la diversité, contre le racisme et la haine. L'auteur Magali Jeger, quant à elle, a affirmé que "la critique de la politique israélienne est possible et même autorisée", mais qu’il est bien question d’antisémitisme "lorsqu’on impose des exigences morales plus élevées au peuple juif qu'aux autres".
Toutefois, Michel Kotek estime également que les divergences d'opinion devraient pouvoir exister. "Nous vivons en Belgique, un pays où il y a de la place pour de nombreuses identités différentes et de nombreux groupes minoritaires", déclare-t-il. "Même si nos opinions diffèrent, nous nous adaptons et respectons les autres dans la société. Cependant, nous attendons également le même respect de la part de ces autres envers nous. Nous aspirons à la paix et à l'harmonie".

