Le MR n'est pas contre des discussions sur la réforme de l'Etat, "mais pas pour organiser la fin de la Belgique", a fait savoir son président, Georges-Louis Bouchez, mercredi lors d'un débat avec le ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA), dans l'émission "Terzake KIES24" de la VRT.
Le MR ouvre la voie à une réforme de l'État avec la N-VA mais pas pour" organiser la fin de la Belgique"
"Je ne m'assoirai pas à la table en disant qu'il n'y a pas d'ouverture pour nous", a déclaré M. Bouchez. "Nous voulons un Etat plus efficace. Si cela doit se faire par une réforme qui le rend plus léger et plus efficace, très bien. Mais pas une qui en finit avec la Belgique".
La régionalisation de la police et de la Justice est ainsi "une ligne rouge" pour M. Bouchez, qui a également plaidé pour un retour au niveau fédéral de la promotion de la santé.
Le président du MR a souligné l'importance de l'autonomisation financière des régions. Ainsi, selon lui, rien n'incite le sud du pays à mener une politique de mise à l'emploi forte tant que les allocations de chômage sont payées au niveau fédéral. "Je ne comprends pas le président de la N-VA. Il veut parler au PS, mais le PS ne veut pas rendre de comptes", a-t-il commenté à ce propos.
Pour la N-VA cela ne va pas assez loin
M. Jambon a, quant à lui, insisté sur la régionalisation de la Défense, la police, l'énergie, l'intégralité des soins de santé, la police, la Justice... "Nous n'entrerons pas dans un gouvernement si nous ne pouvons pas prendre le virage confédéral", a-t-il notamment déclaré.
Si la N-VA est, comme le MR, acquise à un gouvernement de centre-droit, cela doit s'accompagner d'un transfert fondamental de compétences vers les entités fédérées, a argué le ministre-président flamand. "Dès qu'il y aura un gouvernement de centre-droit qui mettra en œuvre des réformes, plus personne ne voudra de la réforme de l'Etat", a conclu M. Bouchez
Un timing pas innocent
La main tendue du MR n'arrive pas à un moment inopportun. Hier, le président de la N-VA, Bart De Wever, s'est opposé violemment au président du PS, Paul Magnette, lors d'un débat sur RTL et VTM. Paul Magnette a carrément fermé la porte au confédéralisme. "Je ne veux pas perdre une seconde là-dessus", a-t-il déclaré. Au cours du débat, les divergences entre Magnette et De Wever sont apparues particulièrement profondes, tant sur les questions du pouvoir d'achat, des pensions, du conflit israélo-palestinien que sur les questions communautaires.
Le président du MR a ainsi tenté de mettre en évidence les différences entre la N-VA et le PS. "Le PS ne veut pas donner plus de pouvoir aux régions. Le PS veut des pouvoirs, mais avec l'argent des Flamands", a déclaré Bouchez. Il ne comprend donc pas pourquoi il a si peu de contacts avec le président de la N-VA, Bart De Wever : "Je voudrais remercier M. Jambon pour ce débat. M. De Wever refuse de le faire, que ce soit en privé ou en public".


