Au cours d’un débat télévisé organisé par nos confrères des chaînes privées VTM et RTL en vue des élections du 9 juin, le président du parti socialiste francophone Paul Magnette (PS) a averti mardi son homologue du parti nationaliste flamand Bart De Wever (N-VA) qu'il ne "perdra pas une seconde à discuter de confédéralisme" après les élections. Il met en priorité le socio-économique, sans toutefois fermer la porte à "simplifier la Belgique" pour mieux la faire fonctionner.
Débat : Paul Magnette prévient Bart De Wever qu'il ne discutera "pas une seconde" de confédéralisme
Les deux présidents de partis se retrouvaient mardi soir pour un "grand duel" organisé par VTM et RTL-TVi, à douze jours des élections. Au terme d'une grosse heure de débat pendant laquelle Bart De Wever et Paul Magnette ont martelé leurs divergences socio-économiques, l'Anversois et le Carolorégien ont été appelés à évoquer une possible 7e réforme de l'État, au lendemain du scrutin.
"Je vous le dis clairement, Monsieur De Wever: je ne vais pas perdre une seconde à discuter du confédéralisme, parce que ce n'est pas ce que les Belges attendent de nous. Nous en avons déjà parlé par le passé et nous en reparlerons quand les Flamands le voudront", lançait Paul Magnette. "Que ce soit en Flandre, à Bruxelles ou en Wallonie, on nous parle du pouvoir d'achat, des pensions, de la santé, c'est là-dessus que nous devons mettre toute notre énergie".
Pour autant, "on peut faire des choses pour simplifier la Belgique", a-t-il convenu. "Par exemple refédéraliser certaines compétences pour un fonctionnement de l'État beaucoup plus efficace". Paul Magnette a évoqué la multitude de ministres de la Santé lors de la crise du Covid, ou encore la compétence climatique. Bart De Wever a balayé ce qu'il considère comme un "retour à l'unitarisme". "Nous devons aller vers une réforme communautaire, car le pays est complètement bloqué et nous nous dirigeons vers la faillite".
Le président de la N-VA a dressé un portrait "misérabiliste" d'une Wallonie engoncée dans la pauvreté et le chômage, et financée par les transferts de la Flandre. "Les Flamands en ont marre", et s'apprêtent à voter "anti-système", a déclaré De Wever, tout en confirmant son rejet d'une alliance avec l'extrême-droite du Vlaams Belang.
Former un "mini-cabinet" ?
À ses yeux, le signal viendra le 19 juin de la Commission européenne. C'est à cette date que l'exécutif européen rendra son rapport sur les 11 pays de l'UE qui, comme la Belgique, ont dépassé en 2023 les 3% de déficit public par rapport au PIB. "Et ce sera terrible" en termes de trajectoire d'assainissement budgétaire, prédit Bart De Wever.
Le président de la N-VA estime que la seule solution sera de composer un gouvernement fédéral restreint pour y répondre d'urgence. Les gouvernements régionaux, rapidement formés, enverraient dans ce "mini-cabinet" fédéral un ministre par parti des coalitions régionales, avec pour unique mission de mettre en œuvre la trajectoire européenne. "Puis on se donne deux ans pour réformer le pays en profondeur" vers le confédéralisme.
Paul Magnette a rejeté cette perspective, dans laquelle il voit une étape vers la fin de la Belgique. Il a dénoncé les "caricatures" de la N-VA contre le sud du pays, qui ne visent qu'à "affaiblir le pays". Affirmant que "80% des Flamands" ne voulaient pas de la fin du pays, il a répété que "si toutefois un jour vous partez, les Wallons, les Bruxellois continueront à écrire l'histoire de la Belgique, sans vous".
