La Belgique espère réunir un groupe plus large de pays européens afin d'aboutir à une reconnaissance de l'État palestinien dans le cadre d'un processus qui mettrait fin à la violence en cours depuis le 7 octobre. Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD) a fait cette déclaration à l'issue d'un entretien à Bruxelles avec son homologue palestinien, Mohammad Mustafa. La ministre de la Coopération, Caroline Gennez, a annoncé de son côté qu'elle dégageait 5 millions d'euros au bénéfice d'un programme d'amélioration de l'enseignement dans les Territoires palestiniens.
La Belgique veut rassembler un groupe plus large de pays en vue d'une reconnaissance de l'État palestinien
"Il y a beaucoup d'appréciation pour le rôle joué par la Belgique durant les mois précédents et le rôle que l'on veut continuer à jouer pour rassembler un groupe de pays européens plus large pour pouvoir utiliser la reconnaissance comme levier pour arrêter la violence", a-t-il déclaré.
La Belgique n'a pas emboîté le pas la semaine passée à l'Espagne, l'Irlande et la Norvège qui ont annoncé leur décision de reconnaître l'État palestinien. "La reconnaissance fera partie d'un processus mais d'un processus avec beaucoup de pays, avec l'objectif d'appeler à la fin de la violence dans les prochains jours", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre palestinien a dit "apprécier" la position belge à l'égard du conflit israélo-palestinien. "Nous avons une longue relation avec la Belgique qui soutient depuis longtemps la cause palestinienne et nous apprécions sa position sur ce qui se passe à Gaza et en Cisjordanie", a souligné Mohammad Mustafa.
Les deux hommes ont exprimé leur indignation après le bombardement par l'armée israélienne d'une zone occupée par des réfugiés à Rafah dans la Bande de Gaza. "Je condamne cette attaque sur une zone sécurisée où des gens se sont rendus en pensant être en sécurité", a dit le chef du gouvernement belge, qualifiant cet acte d'"inacceptable".
Mise en place d’un fonds pour soutenir financièrement l’autorité palestinienne
Outre les deux chefs de gouvernement, la ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, a participé à la réunion ainsi que, du côté palestinien, les ministres en charge des Finances, des secours et de la coordination de l'aide, Omar Bitar, Basil Nasser et Wael Zaqout. De nombreux sujets ont été abordés, dont la gouvernance et la situation financière de l'Autorité palestinienne. Vendredi, la Banque a lancé une mise en garde contre les menaces d'effondrement économique et budgétaire de l'AP étranglée par Israël qui refuse de lui verser l'argent des impôts palestiniens.
"Israël a décidé de retenir tout notre argent, ce qui ne nous permet pas de payer nos professeurs, nos infirmières et nos policiers. Ce n'est pas acceptable", a dénoncé M. Mustafa.
"On risque d'être confronté à une situation catastrophique", a averti Mme Lahbib. Alors que commençait un Conseil affaires étrangères de l'UE, la cheffe de la diplomatie a plaidé pour la mise en place d'un fonds qui permettrait à l'Autorité palestinienne de "tenir". La veille, elle a participé à une réunion dans la capitale à laquelle se trouvaient aussi M. Mustafa, le ministre norvégien des Affaires étrangères et d'autres représentants de pays arabes et européens.
5 millions d’euros d’aide supplémentaire
La ministre de la Coopération, Caroline Gennez (Vooruit), a annoncé de son côté qu'elle dégageait 5 millions d'euros au bénéfice d'un programme d'amélioration de l'enseignement dans les Territoires palestiniens et contribuer à la reconstruction d'écoles quand s'arrêteront les frappes israéliennes à Gaza. Une somme qui s'ajoute aux 70 millions du programme quinquennal de coopération avec la Palestine.
"Depuis le 7 octobre (jour où le Hamas a lancé son attaque contre Israël, ndlr), près d'un demi-million de Palestiniens ont perdu leur emploi, se retrouvant ainsi sans revenus. La société palestinienne de Cisjordanie est territorialement et financièrement étranglée. C'est pourquoi il est important d'agir maintenant", a souligné Mme Gennez.

