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Goedele Liekens estime que la Chambre devrait faire davantage en matière de cybersécurité

La députée et sexologue Goedele Liekens victime de piratage et espionnée pendant des mois

Un nouveau cas d'espionnage d'une parlementaire belge a été révélé ce vendredi. La députée libérale flamande Goedele Liekens (Open VLD) - aussi connue comme psychologue, sexologue et figure médiatique - a été victime d'un piratage informatique sur tous ses appareils. Il pourrait provenir de Chine, a-t-elle expliqué sur les ondes de Radio 1, estimant que la Chambre doit d’urgence améliorer son expertise et la sécurisation en matière de technologies d’information et de communication (ICT).

Anne François Belga
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"Subitement, je n’étais plus administratrice de ma propre Dropbox", expliquait Goedele Liekens ce vendredi dans l’émission De Ochtend (Radio 1). C’était avant tout un problème sur l’ordinateur d’une collaboratrice. Ce cas de piratage informatique s'ajoute à ceux de Samuel Cogolati (Ecolo-Groen), Georges Dallemagne (Les Engagés) et Els Van Hoof (CD&V) déjà constatés récemment.

Le piratage de Goedele Liekens s'est produit via un courriel qui a permis d'installer un logiciel malveillant sur son ordinateur. L'origine de ce mail attire l'attention puisqu'il venait, soi-disant, de Steven Creyelman (Vlaams Belang). Ce député d'extrême-droite a été contraint de démissionner de ses fonctions dans deux commissions à huis clos à la Chambre à la suite des révélations sur les liens entretenus par son frère Frank avec un agent chinois et l'influence qu'il aurait subie de ce fait.

"Steven Creyelman (photo) n’est pas envoyé lui-même ce message, je le lui ai demandé. C’est de cette façon que les pirates ont pour entrer dans ma Dropbox et lire pendant des mois tout ce qui s’y trouvait", précisait la députée libérale. Elle utilisait cette Dropbox (un service en ligne pour partager des données) sur tous ses appareils : laptop, iPad, téléphone, et même son ordinateur à la maison. "Les spécialistes en informatique ont eu besoin de deux jours pour tout nettoyer. Même le disque dur de mon ordinateur privé a dû être changé".

Rejointe par le ministre de la Justice, Paul Van Tigchelt, la députée plaide pour la désignation d'un officier de sécurité à la Chambre qui pourrait venir en aide aux députés victimes de tels actes et la mise en place d'un système de communication sécurisé. "La Chambre vit encore au siècle passé", estime Liekens.

Steven Creyelman (Vlaams Belang)

Un officier de sécurité pour la Chambre ?

La désignation d'un officier de sécurité rejoint une recommandation faite dans un rapport récent par le Comité R. L'organe de contrôle des services de renseignement a préconisé cette solution, parmi d'autres, pour permettre à la Chambre de recevoir des informations classifiées. Dans le cas de Creyelman, il est apparu que personne dans l'assemblée n'avait été mis au courant des informations qui le concernaient alors même que les deux commissions dans lesquelles il siégeait - la commission des achats militaires et la commission de suivi des opérations militaires - sont amenées à examiner des dossiers classés secret Défense.

Les cas de piratage chinois à la Chambre ne sont pas limités à des députés. En mai 2021, le jour où la commission des Relations extérieures devait entendre des Ouïghours victimes de la répression chinoises, le système informatique de l'assemblée, comme celui d'autres institutions, avait été mis hors service à la suite d'une attaque informatique attribuée depuis lors à la Chine. Le 30 avril dernier, le Bureau de la Chambre a décidé de se constituer partie civile.

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