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Le professeur Karel Arnaut a passé la nuit au campement dans le collège De Valk, pour soutenir les étudiants protestataires

Des professeurs rejoignent les étudiants qui occupent un collège à la KU Leuven

Une trentaine de membres du personnel de l’Université catholique de Louvain (Brabant flamand) ont rejoint jeudi soir les étudiants qui occupent depuis onze jours et autant de nuits le bâtiment De Valk de la KU Leuven. Ils souhaitent ainsi afficher leur soutien avec les manifestants, qui réclament que leur université mettent un terme à toute collaboration avec des universités et institutions israéliennes, en raison du conflit qui fait rage à Gaza. "Les professeurs qui ont fait un pas vers nous représentent un soutien important et font aussi augmenter la pression sur l’université", estiment les étudiants.

Anne François Belga
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Plusieurs professeurs ont passé la nuit de jeudi à vendredi dans ce bâtiment appartenant à l'université. L’étudiante Hanna De Boe, qui a déjà dormi onze nuits dans le campement de protestation, a apprécié ce geste de soutien. "Il est nécessaire d’avoir un soutien de l’intérieur de l’université. Celle-ci ne nous écoute pas en tant qu’étudiants. Nous espérons donc que l’action des professeurs et membres du personnel rehaussera la pression sur le rectorat", expliquait l’étudiante à Radio 2.

"Ce que font ces étudiants est admirable", soulignait le professeur d'anthropologie Karel Arnaut qui a passé la nuit avec eux. "Les étudiants payent le prix de 76 années de normalisation de l'apartheid israélien et de l'épuration ethnique. C'est extrêmement difficile de s'y opposer. L'université n'emploie jamais les termes 'apartheid' ou 'épuration ethnique'. Il y a encore un long chemin à parcourir avant de changer le discours."

Les étudiants exigent l'arrêt de toute collaboration entre la KU Leuven et les institutions académiques israéliennes. Jeudi vers 20h30, une centaine de manifestants se sont rendus à la Place Ladeuze, située non loin du collège De Valk. Ils ont scandé des slogans comme "Free free Palestine", "Shame on KUL, boycott Israel", "Shame on Luc Sels (le recteur de la KU Leuven)" et "Israel is an apartheid state".

Le professeur Karel Arnaut estime que l’université cèdera tôt ou tard aux demandes des étudiants. "Cela se fera pas à pas. Je pense que dans certains dossiers spécifiques des concessions seront faites à court terme. Mais les étudiants ont bien entendu un but plus large à l’esprit. J’espère qu’ils seront satisfaits des petites concessions qui leur seront faites et que cela les motivera pour développer une stratégie à long terme".

Les étudiants gantois veulent des mesures à l'échelle européenne

Les militants qui occupent des bâtiments de l'Université de Gand depuis des jours maintenant demandent à la Belgique de saisir l'opportunité de la Présidence du Conseil de l’Union européenne pour suspendre tout accord commercial liant l'UE et Israël. Ils ont profité de la venue jeudi à Gand du Premier ministre Alexander De Croo pour lui remettre une lettre reprenant cette requête.

"Cela mettrait directement la pression sur Israël et contraindrait l'Etat hébreu à mettre fin à ses crimes dans la bande de Gaza et à réduire la souffrance humaine", estiment les activistes. Israël est le 25e partenaire commercial de l'Union européenne et l'Europe constitue à son tour le premier partenaire de l'Etat hébreu.

Une centaine de militants pro-palestiniens se sont rendus au Musée de l'université (GUM - Gents Universiteitsmuseum) jeudi, au moment où le Premier ministre Alexander De Croo y visitait une exposition. La manifestation s'est déroulée sans incident et les militants ont pu transmettre leurs exigences au chef du gouvernement. Ce dernier s'est entretenu une vingtaine de minutes avec les manifestants. "C'est un sujet qui divise énormément", constatait-il. "Notre pays est en tout cas d'un côté: celui demandant la fin des victimes civiles. Que celles-ci soient issues d'Ukraine, d'Iran, d'Israël ou de Palestine. La mort de civils innocents est contraire au droit international."

La présidence l'Union européenne ne signifie pas que la Belgique est la cheffe de l'UE, rappelle cependant De Croo. Il estime que la reconnaissance d'un Etat palestinien n'aura du poids que si celle-ci est prononcée par plusieurs pays occidentaux. Les étudiants occupant un bâtiment de lUuniversité de Gand ont déjà fait savoir qu'elles ne quitteraient pas les lieux tant que l'institution ne décrète pas un boycott académique à l'encontre d'Israël. Le recteur Rik Van de Walle refuse tout boycott général. Il estime que seules trois collaborations israéliennes sont problématiques.

Jeudi, les manifestants ont adressé une demande similaire à Alexander De Croo. "En tant que Premier ministre, vous devez appeler toutes les universités à instaurer un boycott académique total avec toutes les institutions israéliennes." Sur ce point, le Premier ministre rappelle la liberté académique dont jouissent les universités. Il juge tout de même nécessaire de la part des responsables d'universités, d'engager le dialogue avec les étudiants manifestants. Il a encore insisté sur le rôle pionnier joué par la Belgique dans le dossier israélo-palestinien. "Il y a plus de 35.000 victimes civiles. C'est totalement inacceptable. Nous étions l'un des premiers pays à dire: 'ça ne va pas, il faut que cela cesse.' Tout le monde était furieux contre moi, à commencer par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Et dans notre pays également, des gens étaient remontés contre moi. Mais ce n'est pas la question. Nous avions raison sur ce point et le reste de l'Europe nous a suivi".

Alexander De Croo a encore énuméré d'autres mesures de pression diplomatique exercées sur Israël à l'initiative de la Belgique. "Quand vous dites que cela n'a donné aucun résultat, c'est vrai. Et cela m'ennuie profondément", a-t-il toutefois concédé.

Campement étudiant à l'UGent

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