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La Belgique ne reconnaît pas (encore) officiellement la Palestine en tant qu'État, le kern a décidé de reporter sa décision

Après la Norvège, l'Irlande et l'Espagne ont annoncé à leur tour, ce mercredi, la reconnaissance officielle d'un Etat palestinien. Selon ces pays, une solution à deux États est la seule manière de sortir du conflit israélo-palestinien. Dans notre pays, le conseil des ministres restreint (kern) a décidé de ne pas prendre de décision à ce sujet pour le moment. "Il faut que cette reconnaissance soit davantage que symbolique" a déclaré la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib (MR). 

Eric Steffens Belga
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D'après le décompte de l'Autorité palestinienne, 142 pays des 193 Etats membres de l'ONU ont jusqu'à présent fait part de leur reconnaissance d'un Etat palestinien. La Belgique n'a pas encore officiellement reconnu l'État palestinien. La position belge a été discutée aujourd'hui au sein du conseil de cabinet restreint du gouvernement fédéral, qui a finalement reporté sa décision.  

De son côté, le gouvernement israélien a annoncé le rappel "pour consultations" de ses ambassadeurs en Irlande et en Norvège après la décision de ces pays de reconnaître un Etat de Palestine. Le mouvement islamiste palestinien Hamas, en guerre contre Israël dans la bande de Gaza, a salué mercredi la reconnaissance de l'Etat de Palestine par trois pays européens comme une "étape importante". La Jordanie, l'Arabie saoudite et le Qatar ont salué mercredi la décision de la Norvège, de l'Espagne et de l'Irlande de reconnaître l'Etat de Palestine, et appelé d'autres pays à faire de même.

Le cabinet restreint décide de ne rien décider pour l'instant

En Belgique, le kern a décidé de reporter sa décision sur une éventuelle reconnaissance par la Belgique de l'État palestinien. Le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) et la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib (MR), entre autres, ont déclaré plus tôt dans la journée que le moment n'était pas opportun.

Socialistes, écologistes et CD&V souhaitaient une telle annonce symbolique, mais les libéraux ont freiné, estimant le timing inadéquat.

"La réunion du kern s'est déroulée dans la plus grande sérénité", a déclaré Mme Lahbib en quittant la réunion. "Nous sommes en faveur d'une solution à deux États. Nous voulons travailler maintenant et profiter de cet élan, surtout maintenant que nous sommes à la présidence de l'UE, pour faire de la médiation afin de parvenir à une solution. Trois États membres ont fait un pas important, d'autres ont encore des questions à poser".

Il faut privilégier "des mesures qui conduisent immédiatement à une amélioration de la situation sur le terrain", avait précisé Alexander De Croo lors d'une visite en entreprise mercredi matin. La ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib avait quant à elle déjà précisé sa vision des choses à la Chambre. C'est "dans le sens de l'Histoire" de reconnaître à terme l'Etat palestinien, mais il faut que cette reconnaissance soit davantage que symbolique, avait-elle maintenu. Autrement dit: ce n'est pas le moment, pour les libéraux.

Dans un communiqué, les ministres socialistes Pierre-Yves Dermagne et Karine Lalieux ont fait part de leur mécontentement, accusant "la droite" de bloquer le processus de reconnaissance. "Cette reconnaissance aurait été un signal puissant et clair de notre pays, qui avait l'occasion de se démarquer sur la scène européenne et internationale comme partenaire de la paix et d'une solution à deux États", ont-ils souligné.

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