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Ivan De Vadder : "La crise de la politique centriste pousse les partis traditionnels à adopter de nouvelles positions"

"Les mauvais sondages incitent les partis du centre à chercher de nouvelles stratégies". C'est ce qu'affirme le journaliste politique Ivan De Vadder. L'analyse du Test électoral (De Stemtest) montre que les positions des trois partis traditionnels ont profondément évolué par rapport à 2019. Le CD&V et Vooruit se déplacent vers la droite, lorsqu'il s'agit de thèmes socioculturels, alors que l'Open VLD penche désormais plus à gauche.

Cisse Michiels Eric Steffens
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"Les changements qui ressortent de l'analyse sont pour le moins frappants. Il ne s'agit pas de changements mineurs. Dans plusieurs partis, on peut vraiment parler d'un repositionnement sur le spectre gauche-droite en ce qui concerne les thèmes socioculturels. Cela modifie même le paysage politique des partis", a déclaré Ivan De Vadder.

Sur la base des positions prises par les partis dans le cadre du Test électoral (De Stemtest) les chercheurs de l'Université d'Anvers ont examiné la position exacte des partis sur l'échiquier gauche-droite. Ils ont établi une distinction entre les thèmes socioculturels et les thèmes économiques.

Par rapport au même exercice en 2019, on constate de manière frappante une position plus à droite sur l'axe socioculturel de Vooruit et du CD&V. "Les chrétiens-démocrates s'éloignent du centre pour se rapprocher de la N-VA et du Vlaams Belang, ils sont nettement plus un parti conservateur qu'auparavant. Vooruit se rapproche du centre et abandonne un peu sa position de gauche. Sur l'axe socioculturel, les socialistes sont désormais plus proches de zéro, c'est-à-dire du centre, que le CD&V."

Lire la suite de l'analyse en dessous du tableau :   

La cause principale de ce changement est la position sur la question de l’immigration. "Presque tous les partis considèrent désormais l'immigration comme un problème. Vooruit est resté longtemps silencieux sur cette question, mais a adopté des positions plus claires et "plus fermes" sur la migration et l'intégration.

Dans le test électoral, par exemple, le parti déclare vouloir durcir les conditions d'obtention d'un salaire décent pour les réfugiés reconnus. Pour obtenir la nationalité belge, les nouveaux arrivants devraient aussi passer d’abord un examen d'intégration, estiment les socialistes.

L'Open VLD glisse vers la gauche

"Chez les libéraux flamands, on observe le mouvement inverse", déclare Ivan De Vadder. "Ils se déplacent vers la gauche sur l'axe socioculturel. Ils recherchent en fait la position du parti néerlandais D66. Il s'agit d'un parti libéral de gauche qui tente de se distinguer du VVD, un parti classiquement libéral.

Ce changement est en cours depuis un certain temps déjà : "L'Open VLD comptait dans ses rangs des hommes politiques tels que Jean-Marie Dedecker et Hugo Coveliers. Ces hommes politiques qui se considèrent plutôt comme des libéraux de droite n'y trouvent plus aussi facilement leur place. Els Ampe, qui émerge aujourd'hui avec son nouveau parti Voor U, en est un autre exemple".

L'Open VLD est donc le premier et le seul parti à ne pas se situer du même côté du spectre sur les deux axes. Tous les autres partis sont toujours à droite ou à gauche sur les deux axes. Les libéraux flamands, eux sont à droite sur l'axe économique mais plutôt à gauche sur l'axe socioculturel.

En quête d'un succès électoral

Comment expliquer ces changements de position ? "La crise du centre pousse les partis traditionnels à chercher une autre position sur l'échiquier politique. Les mauvais sondages ont incité ces partis à changer de stratégie pour tenter d'attirer à nouveau plus d'électeurs. Le CD&V et Vooruit pensent donc le faire en se déplaçant quelque peu vers la droite sur les questions socioculturelles, et les libéraux vers la gauche.

Il faudra attendre le 9 juin pour savoir si ces changements convaincront de nombreux électeurs. "Mais les études montrent qu'aujourd'hui, lorsque les gens pensent à la gauche ou à la droite, ils ont tendance à penser à des thèmes de cet axe culturel plutôt qu'à des thèmes de l'axe économique classique."

Entre la gauche et la droite "déclarées", vous avez un centre divisé avec des partis qui cherchent une nouvelle position.

Ivan De Vadder, journaliste politique à la VRT

"Dans le paysage actuel des partis flamands, on voit clairement les deux flancs "déclarés" de la gauche et de la droite. D'un côté, Groen et le PVDA et de l'autre, le Vlaams Belang et la N-VA. Entre les deux, vous avez un centre divisé avec des partis qui cherchent une nouvelle position".

Parmi les partis francophones, on observe une évolution dans l'autre sens. "Les Engagés et le MR veulent clairement se positionner comme une alternative aux partis de gauche : le PTB, Ecolo et le PS. Les Engagés glissent vers la droite et se retrouvent donc seuls au centre, le MR est économiquement le parti le plus à droite du pays".

Le Vlaams Belang n'est pas économiquement de gauche

Ivan De Vadder remarque également que certaines hypothèses ou affirmations sont démenties par l'analyse du Test électoral. "On entend parfois dire que le Vlaams Belang serait un parti de gauche sur les questions économiques. Ce n'est clairement pas le cas, il évolue même un peu plus à droite sur ce point". De même, l'hypothèse selon laquelle le PS se déplacerait vers la gauche sous la pression des bons sondages du PVDA ne correspond pas aux conclusions des politologues anversois.

"La question est de savoir si les partis savent toujours exactement comment ils se positionnent et si leur communication sur leur position à gauche ou à droite correspond bien aux politiques qu'ils mènent ou aux positions concrètes qu'ils prennent", conclut Ivan De Vadder.  

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