Dans les environs du port d’Anvers 300 poids lourds ont été contrôlés ce lundi. L’opération a été menée par la police mais aussi par le Service d'Information et de Recherche Sociale (SIRS) qui lutte notamment contre la fraude sociale, l’Office des étrangers et l’Autorité européenne du travail (ELA).
300 poids lourds contrôlés à Anvers sur le respect du temps de conduite et des périodes de repos
"Un déploiement de force". C'est ainsi que le ministre de la justice, Paul Van Tigchelt (Open VLD), a qualifié l'action menée ce lundi. Plus d'une centaine d'agents étaient sur le parking de la Noorderlaan, près du port d'Anvers. L'objectif ? Contrôler les camions pour détecter les fraudes à la législation sociale.
Il s'agit principalement des temps de conduite et de repos et (surtout) des manquements. "Il s'agit souvent de situations très pénibles", explique Guy Van Hyfte, de la Fédération européenne des transports. "Les règles interdisent de dormir dans la cabine pendant un repos prolongé, mais c'est pourtant ce qui se passe en permanence. Il y a une douche ici, je ne l'ai pas encore vue, mais elle doit être horrible. J'ai vraiment de la compassion pour ces personnes. Parfois, ils vivent dans leur cabine pendant 6 ou 7 mois". Cela n'est pas autorisé : un chauffeur doit pouvoir rentrer chez lui toutes les quatre semaines.
Et, souligne-t-il, "un conducteur qui n'est pas reposé constitue un danger pour vous et moi en tant qu'usager de la route".
Ce n'est pas seulement important pour le conducteur et les autres usagers de la route, il y a aussi la question de la concurrence déloyale. "Les entreprises qui respectent les règles payent les charges. Il est donc injuste que d'autres ne le fassent pas", déclare Annelies Verlinden, ministre de l'intérieur (CD&V).
Temps de conduite et période de repos dans notre pays :
Un chauffeur peut conduire pendant un maximum de 4,5 heures consécutives. Cette durée doit être suivie d'une pause de 45 minutes.
Chaque jour, il doit y avoir une période de 11 heures de repos, après 9 à 10 heures de conduite - bien qu'il soit possible de déroger à cette règle trois fois par semaine.
Il existe également une période de repos hebdomadaire : après six jours de travail, une période de repos obligatoire de 45 heures doit suivre. Des accords ont également été conclus pour déterminer si le repos peut avoir lieu dans la cabine ou non.
Le contrôle visent avant tout les employeurs, souligne la ministre de l'intérieur Annelies Verlinden (CD&V). "Les employeurs doivent être condamnés à une amende, nous ne devons pas punir les conducteurs une deuxième fois pour les conditions épouvantables dans lesquelles ils doivent travailler. Il ne s'agit donc pas seulement d'amendes : les informations sur les entreprises qui respectent ou non les règles sont également partagées au niveau international.
Pourtant, on constate ici que les conducteurs - et surtout les employeurs – ne respectent pas les périodes de conduite et de repos. " Les amendes doivent être perçues immédiatement, à partir de 1 800 euros.
Situation à midi - après avoir contrôlé 130 camions :
85 infractions au repos de fin de semaine ont été constatées.
37 véhicules n'avaient pas rejoint leur pays d'origine après 8 semaines, ce qui est pourtant obligatoire.
21 conducteurs étaient sur la route pendant plus de 4 semaines, ce qui est également interdit.
Une société roumaine fait l'objet d'une enquête, car elle aurait utilisé le parking comme base.

