Belgica Biladi, une histoire belgo-marocaine, c’est le titre de l’exposition itinérante organisée par l’Université libre de Bruxelles (ULB) en partenariat avec la Ville de Bruxelles, en quatre lieux de l'espace public du centre-ville. Le dispositif célèbre jusqu'au 21 juillet le 60e anniversaire de la signature des accords bilatéraux entre la Belgique et le Maroc pour une immigration de travail.
Une exposition itinérante, dans l’espace public à Bruxelles, pour les 60 ans de l'immigration marocaine
Belgica Biladi (Belgique ma patrie) propose un parcours immersif accessible gratuitement dans le centre-ville de Bruxelles, ponctué d’installation utilisant le mobilier urbain et retraçant l’expérience de l’immigration marocaine en Belgique, depuis l’arrivée des premiers travailleurs marocains dans les années ’60 jusqu’à la construction actuelle d’une société plurielle et multiculturelle.
Chaque implantation propose des panneaux traitant une thématique différente. Ainsi, l'installation du Boulevard Anspach raconte l'engagement des Belgo-marocains et leurs revendications, au fil de l'histoire. Au cours des années, les Belgo-Marocains ont progressivement renforcé leur présence dans le champ politique, contribuant ainsi à impacter la façon dont sont construites les politiques locales, régionales et nationales. Leur présence au sein des institutions politiques favorise la diversité des points de vue et la prise en compte de leurs préoccupations spécifiques.
Sur les grilles du Parc Royal, (voir photo du haut) l'exposition s'intéresse à l'histoire avec un grand H de l'immigration marocaine en Belgique alors que les panneaux disposés Place Fontainas (voir ci-dessous) font la part belle à l'ascension sociale des personnes issues de cette immigration. Ci-dessous, le portrait d'un étudiant de 18 ans, en 3e année ingénieur de gestion à la Faculté Solvay Brussels School of Economics and Management de l'ULB. Il est entré à l'université à 15 ans.
Quant à la Galerie Ravenstein, elle met en lumière la culture belgo-marocaine au travers de certains de ses représentants emblématiques, alors que la Rotonde de la même galerie permet, à travers un dispositif audio, d'écouter les témoignages de personnes "représentatives de la communauté".
L’exposition met en lumière les témoignages de plusieurs générations issues de l’immigration marocaine, enrichis par des archives, des photographies et des vidéos. Des experts interviennent également pour apporter leur éclairage sur les différentes thématiques.
À Bruxelles, un jeune de moins de 18 ans sur trois possède des origines marocaines.
Ahmed Medhoune, commissaire général de "Belgica Biladi.
"L'idée c'est aussi de faire connaître cette histoire des Marocains en Belgique afin que, dans une Belgique très cosmopolite, particulièrement à Bruxelles, les professeurs d'histoire ou d'autres puissent répondre aux questions de leurs élèves sur l'histoire de leurs parents", déclare Ahmed Medhoune, commissaire général de "Belgica Biladi. "À Bruxelles, un jeune de moins de 18 ans sur trois possède des origines marocaines."
"Vivre ensemble et faire ensemble passent nécessairement par la valorisation et la reconnaissance de l’autre. Les ignorances réciproques freinent les expériences de vie en commun, le respect et le bien-être de toutes et tous. Cette reconnaissance doit notamment prendre la forme d’un enseignement de l’histoire de l’immigration, et rappeler ce que l’on doit aux autres et à l’apport des immigrations et des émigrations".
"Le choix d'installer cette exposition dans l'espace public est lié à la volonté de rendre visible la contribution des Marocains à la société belge sur le plan social, politique, culturel, etc.", ajoute Fatima Zibouh, commissaire scientifique de "Belgica Bilabi". "C'est aussi le premier jalon dans l'optique de créer un espace permanent pour mettre en lumière cette culture."
Dans cette époque où l'on voit une montée de l'extrême-droite, nous espérons avec cette exposition déconstruire les stéréotypes", ajoute Ahmed Medhoune. "Nous ne voulions pas non plus ajouter du négatif sur du négatif. C'est pourquoi toutes les personnes que nous avons mises en avant sont des diffuseurs d'optimisme."
Les artistes belgo-marocains
Citons parmi les artistes les plus connus, les acteurs Sam Touzani et Ben Hamidou ainsi que le conteur et musicien Mousta Largo ou encore le chorégraphe Sidi Larbi Charkaoui, devenu emblématique à plus d’un titre, comme symbole d’une culture plurielle à la croisée du sud et du nord et comme artiste de dimension internationale. Cet engagement a aussi apporté à Sidi Larbi Charkaoui la reconnaissance du pays puisqu’il a été anobli par le roi et est le premier baron belge d’origine marocaine.
Les sportifs belgo-marocains : une mosaïque de succès
Le football, sport roi en Belgique, a été le catalyseur de nombreuses success stories belgo-marocaines. Nacer Chadli et Marouane Fellaini, au sein de l'équipe nationale belge, ont transcendé les frontières pour devenir des icônes du football, ou Mehdi Carcela et M'Bark Boussoufa qui ont brillé au Standard et à Anderlecht. Mais des athlètes belges d'origine marocaine ont également brillé dans des disciplines variées, de l'athlétisme à la boxe, comme Jaouad Achab, taekwondoïste, sélectionné pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 et Ismaël Debjani, détentenur du record de Belgique du 1500 m.
Des témoins nous racontent leur vécu
Parmi les personnalités choisies et dont les portraits sont exposés dans la rotonde de la Galerie Ravenstein (voir ci-dessous) il y a, par exemple, Ilias Benkaddour, l’athlète membre de la section handisport du White Star Athletic, ou Wahiba Yachou, spécialiste des réseaux sociaux, créatrice de contenu digital pour Tarmac et qui réalise des vidéos, tournées avec sa propre grand-mère.
L'exposition a été pensée pour être itinérante. Elle restera dans le centre de Bruxelles jusqu'au 21 juillet et migrera ensuite vers le campus du Solbosch à l'ULB. Elle effectuera également un tour de Belgique, tant en Flandre qu'en Wallonie, avant de traverser le Maroc de Tanger à Casablanca.
"Le but c'est aussi de déconstruire les clichés que les Marocains ont à propos de ceux qui sont partis pour la Belgique", conclut Amhed Medhoune.
Belgica Biladi : une histoire belgo-marocaine, une expo itinérante du 16 mai au 21 juillet 2024 dans le centre-ville de Bruxelles. Vous pouvez ainsi vous balader du Parc Royal, puis descendre vers la Galerie Ravenstein, et poursuivre votre balade vers le piétonnier de Bruxelles en passant par le Boulevard Anspach et en continuant vers la Place Fontainas.
