Un tiers des publicités en rue qui se trouvent aux abords des écoles flamandes et qui vantent de la nourriture concerne des aliments ultra-transformés. Un tiers supplémentaire promeut des boissons alcoolisées, a constaté l'Institut de santé publique Sciensano. Il s’inquiète de cette situation et demande une réduction de la publicité pour de la nourriture peu saine. Une étude similaire est en cours pour la Wallonie et Bruxelles.
Sciensano relève trop de publicités pour la nourriture transformée aux abords des écoles en Flandre
Dans son étude baptisée "Vers un environnement alimentaire sain autour des écoles flamandes" (disponible uniquement en néerlandais), Sciensano a comptabilisé une moyenne de sept publicités pour des produits ultra-transformés et huit pour de l'alcool dans un rayon de 250 mètres à pied à partir de l'entrée des écoles primaires. Près des écoles secondaires, cette moyenne grimpe à dix réclames pour de la nourriture ultra-transformée et neuf pour des produits alcoolisés.
À proximité des campus de l'enseignement supérieur, leur nombre double par rapport aux établissements primaires et atteint 16 publicités, tant pour la nourriture que l'alcool. Les zones urbaines à faibles revenus sont particulièrement affectées: 88% des écoles primaires qui y sont implantées sont exposées à plus de 10 publicités, contre 20% pour les établissements de primaire des quartiers plus aisés.
Si l'on élargit le spectre aux alentours des arrêts de transports en commun et aux bâtiments publics (gares, hôpitaux, etc.), les réclames pour de l'alcool ou de la nourriture ultra-transformée occupent même 80% des espaces publicitaires en rue dédiés à la nourriture. L'alcool y est cependant moins vanté (0 à 24% des pubs) que les aliments ultra-transformés (61-76%).
Trop de pub pour une alimentation malsaine
Les infrastructures sportives (centres, clubs, piscines...) ne font pas exception, avec quatre réclames alimentaires sur cinq pour ce type de produits. "La publicité pour et l'offre en produits alimentaires dans différents bâtiments publics en Flandre est en grande partie dominée par des produits mauvais pour la santé", résume Stefanie Vandevijvere, chercheuse chez Sciensano.
Or, le marketing "constitue un levier utile pour aider à transformer les habitudes alimentaires de la population en alternatives saines. Fin 2022, le Conseil supérieur de la santé rappelait encore qu'environ 17% des enfants et 11% des adolescents sont en surpoids, tandis qu'un tiers de leur apport énergétique quotidien provient d'aliments ultra-transformés.
"Ce n'est pas surprenant étant donné la fréquence à laquelle les enfants sont ciblés par des campagnes de promotion d'aliments et de boissons malsains", concluait le Conseil Supérieur de la santé.
Côté wallon et bruxellois, une étude similaire a été lancée il y a quelques mois, assure Sciensano. Les résultats n'en sont pas encore disponibles.
