Le prince Laurent, frère cadet du roi Philippe, a entamé des démarches devant la justice pour pouvoir bénéficier d'une couverture sociale dans notre pays. L’information rapportée par L'Avenir ce jeudi a été confirmée à VRT NWS par le Tribunal du travail de Bruxelles.
Le prince Laurent devant la Justice pour obtenir une couverture sociale en Belgique
Le prince Laurent bénéficie d'une dotation annuelle - de 376.000 euros pour 2023 et 388.000 euros pour cette année -, mais ne dispose d'aucune couverture sociale. Son épouse la princesse Claire et leurs trois enfants n’ont pas non plus accès à la sécurité sociale, qui inclus notamment les soins de santé, l’assurance maladie et la pension.
"S’il arrivait quelque chose au prince Laurent, ni Claire ni leurs enfants ne bénéficieraient des régimes d’invalidité et ne pourraient se faire rembourser leurs coûts de santé", explique la journaliste Pascale Mertens, qui suit les informations concernant la royauté. "La princesse Claire a été récemment soignée pour une longue maladie, donc la situation s’est déjà présentée. Et si son époux décédait, elle ne recevrait pas de pension. Laurent a déjà signalé par le passé que la politique devait rectifier cette situation, mais rien ne s’est produit. Le fait qu’il se tourne maintenant vers la justice signifie qu’il ne voit pas d’autre option".
Le prince a donc décidé de citer l'Union des Classes Moyennes (l'UCM) et l'Institut national d'assurances sociales pour travailleurs (l'Inasti) devant le Tribunal du travail francophone de Bruxelles. La requête a été introduite en mai 2023, et le prince s'est présenté seul à l'audience d'introduction. Un avocat spécialisé en droit social représente désormais le prince.
Contacté, Me Olivier Rijckaert confirme qu'une procédure a été initiée, mais ne souhaite pas communiquer. La procédure entamée suit son cours. L'audience de plaidoiries se déroulera devant la 11e chambre du Tribunal du travail de Bruxelles le 25 novembre prochain.
Qu'en est-il des dotations?
Il y a dix ans, la loi sur les dotations a été modifiée. Depuis lors, seuls le roi sortant et les héritiers au trône reçoivent une dotation. Pour le roi Albert II, cela représente 1.126.000 euros par an. La princesse Elisabeth a quant à elle décidé de ne pas bénéficier de sa dotation tant qu’elle effectue encore des études universitaires. Quant au roi Philippe, il reçoit un budget de fonctionnement d’un peu moins de 15 millions d’euros par an. Les veuves et veufs des rois et reines (en fonction et sortants) et des héritiers au trône reçoivent une dotation - mais aucun de ces cas n’est d’application actuellement.
Dans la loi de 2014, une exception a cependant été faite pour le prince Laurent et sa sœur la princesse Astrid, qui reçoivent encore une dotation.
Ce n’est pas la première fois que le prince Laurent se fâche à propos de sa dotation et de l’absence de couverture sociale pour sa famille. "Ma femme n’a encore toujours droit à rien”, déclarait-il en janvier dans les journaux du groupe Sudpresse. "J’ai l’air de quelqu’un qui n’est jamais content et qui a sans cesse des problèmes, mais en fait je me bats pour des droits élémentaires". La princesse Claire a abandonné son emploi de géomètre après son mariage avec Laurent, tandis que le prince Lorenz, époux de la princesse Astrid, travaille encore toujours comme banquier.
On apprenait ce lundi que le prince Laurent a signé un accord avec l'université du Bosphore à Istanbul par le biais de son ASBL, Environment Network, pour établir "des ponts de coopération entre l'Europe et l'Asie dans le domaine des nouvelles technologies énergétiques". Dans la presse flamande, le prince a assuré mercredi qu'il "préparait une nouvelle vie", peut-être sans dotation de la part du gouvernement belge.
