Alors que l’usage du néerlandais a légèrement augmenté dans la capitale, le français est la langue la plus usitée parmi les 104 langues parlées en Région bruxelloise. C’est ce que révèle le cinquième baromètre linguistique de l’Université Libre néerlandophone de Bruxelles (VUB), dévoilé ce mercredi. Le français serait maîtrisé par 81% des 1.627 répondants à l’enquête. Lors du précédent baromètre, datant de 2018, ce pourcentage était néanmoins de 87,1%. Et il semblerait que le nombre de Bruxellois qui ne parlent ni le français ni le néerlandais, mais pas non plus l’anglais, est en hausse.
Baromètre linguistique : un nombre croissant de Bruxellois ne connaissent pas le français ni le néerlandais, ni l'anglais
"L'étude montre que le nombre de langues parlées a augmenté de manière significative. Lors de la dernière enquête menée en 2024, 104 langues différentes ont été enregistrées" en Région bruxelloise, explique le chercheur Mathis Saeys. "Le français reste la langue la plus parlée, même si son utilisation a diminué, tandis que l'usage de l'anglais devient de plus en plus important (passant de 34,4% à 46,9%), surtout chez les jeunes", poursuit Saeys.
Le néerlandais (passé de 16,3% à 22,3%) occupe également une place prépondérante, notamment grâce à la jeune génération de Bruxellois et à la population qui a émigré de Flandre, selon le baromètre. Ces trois principales langues de contact sont suivies de l'espagnol (14,5%), de l'arabe (11,5%), de l'italien et de l'allemand (tous deux 6,1%), du portugais et du turc (2,8% chacun) et du roumain, nouveau venu parmi les dix langues les plus parlées à Bruxelles, avec 2,1%.
Selon le baromètre, la diversité linguistique se traduit par un multilinguisme chez les Bruxellois. En effet, ils sont de plus en plus nombreux à maîtriser plusieurs langues de communication telles que le néerlandais, le français et l'anglais. Environ la moitié des Bruxellois maîtrisent deux langues de contact, bien que l'on observe parallèlement une augmentation du nombre de Bruxellois qui ne maîtrisent aucune langue de contact, c'est-à-dire ne parlent ni le français, ni le néerlandais, ni l'anglais (de 7,6% en 2018 à 10,5% en 2024).
Seuls 10% des francophones ayant été scolarisés à Bruxelles indiquent une bonne ou excellente maîtrise du néerlandais. A l'inverse, huit néerlandophones sur dix ayant fait leurs études à Bruxelles indiquent une bonne ou excellente maîtrise du français.
