Le budget de 26 millions d’euros prévu par le gouvernement flamand pour la prime à l'achat d'une voiture électrique neuve ou d’occasion est d'ores et déjà épuisé. C’est ce que révèlent des chiffres obtenus par la députée flamande Sofie Mertens (CD&V). Elle s'interroge sur l'avenir de cette prime, accessible jusque fin 2024, et dit craindre des économies ailleurs. La ministre flamande de la Mobilité, Lydia Peeters, affirme pour sa part que le budget n’est pas encore épuisé et que les primes qui ont été approuvées seront bien allouées. "Nous pouvons encore trouver des moyens supplémentaires, si nécessaire", indique la ministre.
Le budget pour la prime flamande aux voitures électriques est-il déjà épuisé ?
C'est à la demande de la ministre de la Mobilité Lydia Peeters (Open VLD) que le gouvernement flamand a instauré, lors de la confection du budget 2024, des primes de 5.000 euros à l'achat d'une voiture électrique neuve et de 3.000 euros pour une voiture électrique d'occasion. Un budget initial de 20 millions d'euros a été prévu, avec une rallonge possible de 6 millions d’euros issus des budgets climatiques. Le projet de rendre cette prime également accessible en 2025 et 2026 avait finalement été abandonné.
Au vu de l'afflux des demandes, il y en aurait déjà pour 27,7 millions d'euros de primes approuvées. Au rythme actuel, 28 nouvelles demandes rentrent chaque jour, affirme Sofie Mertens. L'élue démocrate-chrétienne s'interroge donc sur la capacité de la ministre à tenir son engagement, qui vaut pour toute demande introduite avant fin 2024. "Une autorité fiable doit tenir ses promesses, nous avons averti la ministre à plusieurs reprises".
Mertens dit craindre des économies sur d'autres postes comme la société régionale de transports en commun De Lijn, le transport scolaire pour l'enseignement spécialisé ou la sécurité routière.
"Une ruée en février et mars"
Dans une réaction aux craintes exprimées par Sofie Mertens, la ministre Peeters a rappelé que le gouvernement avait décidé "collectivement" d'honorer toute demande recevable sur 2024. "Cela signifie que le gouvernement flamand devra prévoir le cas échéant des moyens supplémentaires", confirme-t-elle, à moins d'un mois des élections.
Lydia Peeters nie cependant que le budget de 26 millions d’euros soit déjà épuisé. "Nous avons vu beaucoup de demandes rentrer en février et mars. Les citoyens pouvaient introduire une demande de prime depuis février, avec effet rétroactif jusqu’en septembre 2023. Cela a généré un grand nombre de demandes. On constate qu’en avril le nombre de dossiers a déjà nettement diminué".
Si toutes les demandes introduites jusqu’à présent sont effectivement approuvées, "nous arrivons à un montant total autour des 20 millions d’euros", admet Lydia Peeters. "Notre administration est en train de contrôler toutes les demandes". Et la ministre de confirmer que "toutes les personnes qui auront introduit au cours de cette année une demande recevable obtiendront bien la prime promise. Nous voulons maintenir cela, si nécessaire en faisant des ajustements lors du contrôle budgétaire".
Lydia Peeters insiste sur l'importance de cette mesure pour aider la Flandre à réduire ses émissions de gaz à effet de serre et à améliorer la qualité de l'air. Pas question à ses yeux d'économiser sur les postes comme la société De Lijn ou le transport des élèves de l’enseignement spécialisé. "Nous avons rehaussé ce budget de 70 à 140 millions d’euros et nous n’y ferons pas d’économies".
"Nous ne retirerons pas non plus d’argent à De Lijn. Nous avons fait passer son budget pour les frais de fonctionnement de 840 millions à 1,2 milliard d’euros. Et les budgets pour les investissements, comme par exemple l’achat de bus et trams, ont été doublés".
La ministre flamande de la Mobilité s’attend à ce que la ruée sur les primes aux voitures électriques se calme dans les prochains mois, comme ce fut le cas par exemple pour les demandes de primes à la rénovation et les primes pour l’achat de panneaux solaires.
