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Les secteur de l’immobilier et du bâtiment mettent en garde contre une crise du logement sans précédent

Si aucune mesure n'est prise, il sera bientôt impossible d’encore trouver des logements abordables, car il y aura une pénurie de logements. C'est ce que soulignent 14 experts du secteur de l'immobilier et de la construction, ainsi que du secteur du logement social et du marché locatif privé. Dans une lettre ouverte, ils plaident en faveur d'une approche globale, qui laisserait une place à des projets pilotes dans un "cadre réglementaire". "Soyez assurés que presque tous les Belges s’en inquiètent", affirment-ils.

Eric Steffens
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Le secteur a publié cette lettre ouverte parce que tout le monde constate les mêmes problèmes. Le marché de la construction neuve se rétrécit, alors que la demande dépasse largement l'offre. Et il semble qu'aucune initiative n'a été prise pour résoudre ce problème. Selon les experts, si aucune mesure n'est prise aujourd'hui, le marché pourrait devenir extrêmement restreint d'ici 2 à 3 ans, et il sera impossible d’encore construire des logements abordables.

"Notre pays compte aujourd'hui environ 75 % de propriétaires, 20 % de locataires privés et 5 % de locataires sociaux", peut-on lire dans la lettre ouverte. "Mais cette première catégorie est en train de s'effondrer (...). Les locataires privés sont touchés par des problèmes croissants d'accessibilité et de qualité. Quant aux locataires sociaux potentiels, ils doivent faire face à de longues listes d'attente". La lenteur des procédures, la diminution de l'offre et des règles inadaptées à la société d'aujourd'hui font partie du problème.

Les mêmes pressions s'exercent partout, a expliqué Lorenzo Van Tornhaut dans l'émission De Ochtend sur Radio 1. Développeur de projets et professeur invité à la faculté d'architecture de la KU Leuven, il est l'un des initiateurs de la lettre ouverte. "Sur le marché de la location se trouvent les personnes les plus vulnérables, celles dont les revenus sont les plus faibles. Ce sont eux qui sont touchés le plus rapidement, qui subissent en premier cette pression accrue. Si vous disposez d'un salaire et d'un patrimoine suffisants, il est de tradition en Belgique d'acheter une maison.

On assiste à une réduction systématique du nombre de logements construits et autorisés

Mais les acheteurs potentiels ressentent également une pression de plus en plus forte. "Nous avons opté pour ce modèle de propriété après la Seconde Guerre mondiale, mais nous constatons qu'il se heurte également à un plafond", poursuit Lorenzo Van Tornhaut. "L'un des symptômes de cette pression accrue sur le logement est que le nombre de propriétaires diminue également.

Selon les experts, la politique semble plutôt jouer en sa défaveur. "Les taux d'intérêt augmentent et la capacité de remboursement diminue. D'autre part, il y a le problème de l'offre. Il y a systématiquement moins de logements construits et autorisés chaque année. Tous les signataires de la lettre ouverte constatent qu'il n'y a pas d'inversion imminente de cette restriction de l'offre nouvelle. Il s'agit d'un phénomène général. Tous les sous-secteurs du logement subissent cette pression".

En attendant, selon les signataires de la lettre, le débat sur le logement est insuffisant et la politique du logement est trop souvent réduite aux primes et aux droits d'enregistrement. Alors qu'elle devrait également porter sur l'aménagement du territoire, la mobilité, les coûts de construction, la biodiversité, l'accessibilité financière, l'espace pour l'agriculture et le vieillissement, entre autres.

On ne se rend pas suffisamment compte de l'ampleur du besoin.

Lorenzo Van Tornhaut, développeur de projets.

"Les collectivités locales travaillent le plus souvent sans concertation", explique M. Van Tornhaut. "Il y a peu de consultation au-delà des frontières communales. Alors que les liens entre les villes et les communes environnantes sont très étroits."

En outre, la crainte d'une augmentation de l'offre est grande. "Le sentiment d'urgence est trop faible. Les gens ne se rendent pas suffisamment compte de l'ampleur des besoins.

"Les gens se préoccupent surtout de ce que veulent les résidents actuels et perdent de vue le fait qu'il y a des générations entières de nouveaux résidents qui ont aussi des droits, mais qui sont oubliés dans tout le débat. Nous le constatons dans les règles supplémentaires sur la façon de construire, qui deviennent de plus en plus stricts.

Chaque commune en élabore de nouvelles règles, supprime des zones d'expansion résidentielle et opte pour la protection des espaces libres, de la nature et du patrimoine. Ces objectifs sont très nobles, mais s'ils ne sont pas combinés à de nouvelles possibilités de construction dans certaines zones, on se retrouve pris au piège et on constate que de moins en moins de choses sont réalisables.

Un plaidoyer pour une approche globale

Les experts plaident pour une nouvelle approche globale, une "révolution du logement qui doit continuer à garantir à chaque Belge l'un des besoins fondamentaux les plus importants, un toit de qualité". "Nos politiciens doivent oser expérimenter au lieu de continuer à s'appuyer sur de vieilles recettes. Un cadre réglementaire assorti de projets pilotes peut nous permettre de démarrer dans l'intervalle, estiment-ils.

Il est également nécessaire de construire plus haut et à une densité plus élevée, "en prêtant évidemment attention aux bons emplacements et avec un domaine public et des espaces verts de qualité". Les logements sociaux devraient également être ciblés d'un point de vue social et pas seulement financier.

"C'est l'histoire du changement dans la construction", conclut Lorenzo Van Tornhaut. "De nombreux décideurs politiques acquiescent, mais dans la pratique, nous voyons des instruments qui vont à l'encontre de ce principe. "Soyez certains que presque tous les Belges s’en inquiètent", conclut la lettre ouverte.  

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