50 étudiants en biologie de l'UGent(université de Gand) affirment avoir trouvé des traces d'un ancien marécage sur le site de Wissenhage, à Wondelgem (Flandre orientale). Lors de leurs recherches sur le terrain, ils y ont observé une quarantaine d'espèces protégées. Les étudiants estiment que la société De Lijn ne tient pas suffisamment compte de la valeur écologique de la zone dans son projet de construction d'un nouveau dépôt. Ils demandent à la Flandre d'examiner la demande de permis environnemental.
Des étudiants de l'UGent découvrent un ancien marais avec une quarantaine d'espèces protégées sur le site où De Lijn prévoit d'installer un dépôt
Le site de Wissenhage s'étend sur 14 hectares. La construction d’un nouveau dépôt avec un parking pour 120 bus et 40 trams est prévu à cet endroit depuis des années. De Lijn souhaite un dépôt supplémentaire car la capacité à Gentbrugge et à Destelbergen n'est plus suffisante.
De Lijn avait déjà obtenu des permis les années précédentes, mais les a laissés expirer. Une nouvelle végétation est apparue sur le site, en plus de la verdure qui s'y trouvait déjà. Les habitants de la région appellent désormais le site le Bloemekenswijkbos (Le petit bois fleuri du quartier). Il y a deux ans, De Lijn a décidé d’actualiser les plans et a déposé une nouvelle demande.
Le ministre Zuhal Demir (N-VA) a refusé le permis. De Lijn doit compenser la destruction de ce bois en créant un nouvel espace vert ailleurs. Les plans ont été adaptés et soumis à nouveau : une zone verte de 3 hectares sera préservée, des arbres supplémentaires seront plantés à différents endroits en Flandre orientale. De Lijn espère que le projet sera approuvé et souhaite commencer les travaux avant l'été.
Tritons alpins et lézards des murailles
Un groupe de plus de 50 étudiants en biologie de l'Université de Gand demande à présent à la Flandre de réexaminer la valeur écologique du site. Ils ont fait des recherches sur le site pendant des semaines et ont déclaré y avoir découvert un écosystème particulier et une grande biodiversité.
Des découvertes ont été faites qui, selon les étudiants, indiquent une "zone humide" historique. "Une partie de la zone n'aurait jamais été cultivée. Il s'agit d'une zone humide et d'une zone de roseaux humides.
"Nous avons déjà identifié 194 espèces au cours d'une étude de terrain d'à peine huit heures. Nous avons vu 39 espèces indigènes et 3 espèces européennes protégées. Parmi elles, le lézard des murailles et le martin-pêcheur. De grandes populations de tritons alpins et de nombreux petits tritons ont été trouvés. C'est tout à fait exceptionnel".
Marais "historique" ou terrain industriel pollué ?
La Flandre a autorisé la reconversion du site en "installations d'utilité publique et communautaires". Il y avait auparavant à cet endroit une usine textile, un fabricant de pièces électriques et une décharge. Selon l'OVAM (Agence publique des déchets de Flandre), le sol y était contaminé par de l'amiante et des "composés organiques volatils".
Un dépôt s'inscrit dans le cadre du réaménagement de la Région flamande. La pollution a depuis été partiellement traitée. De Lijn a fait décontaminer le sol il y a neuf ans. Mais pour s'attaquer à la nappe phréatique, il faut abattre des arbres. Cela ne se produira que lorsque le dépôt sera construit.
Cependant, les étudiants estiment que la pollution n'a que peu d'impact sur la valeur écologique actuelle de la zone. "Les travaux prévus peuvent poser problème. En fait, les marais retiennent bien la pollution, ce qui se produit également à d'autres endroits à Gand, par exemple dans la réserve naturelle de Bourgoyen."



