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La Flandre propose l’inscription du centre d’arts Vooruit à Gand sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco

Le gouvernement flamand souhaite que le centre d’arts Vooruit de Gand figure sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco. C'est ce qui a été annoncé officiellement ce mardi, après des années de discussions. Un dossier commun avec six autres maisons du peuple du monde entier est en cours de préparation pour 2026. S'il est approuvé, la reconnaissance suivra à l'automne 2027.

Eric Steffens
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À la fin du XIXe siècle, des maisons du peuple pour les simples travailleurs ont vu le jour un peu partout dans le monde. À Gand, la Salle des fêtes Vooruit a été créée à l'occasion de l'exposition universelle de 1913. Elle est devenue un lieu de rencontre pour le mouvement socialiste.

A l’époque, la société belge était divisée en trois grands piliers traditionnels : le pilier libéral, le pilier chrétien et le pilier socialiste. Il y avait des cinémas séparés, des clubs de sport, des salles de danse... et des salles de fête. Au Vooruit, les ouvriers socialistes disposaient d’une salle de cinéma, d’une bibliothèque et d’une salle de théâtre, ainsi que d’un café et d’un restaurant.

Après la Seconde Guerre mondiale, les piliers se sont effondrés et le bâtiment du Vooruit s’est détérioré. En 1982, il devint un centre socioculturel indépendant, puis le Centre d’arts actuel.  

"Feestlokaal Vooruit: un bâtiment iconique de Gand"

L'exploitant actuel, VIERNULVIER, souhaite à présent obtenir une reconnaissance au titre du patrimoine mondial de l’Unesco. La candidature sera introduite d'ici la fin de l'année. La Flandre fournit des fonds pour mener des recherches historiques supplémentaires afin d'étayer cette candidature.

"Le Vooruit est une icône de Gand. Il raconte l'histoire de la révolution industrielle, de l'inégalité et de la montée de l'État-providence", a déclaré le ministre Matthias Diependaele (N-VA). La reconnaissance pourrait être accordée pour 2027.

En 2021, la direction de l'ancien parti socialiste SP.A a adopté le nom de Vooruit pour renforcer sa popularité, au grand dam de la direction de l'organisation culturelle gantoise. Mais une tentative de changement de nom n'a pas abouti et le centre d'arts a adopté depuis lors le nom de VIERNULVIER mais le nom de "Feestlokaal Vooruit" figure toujours en grandes lettres sur la façade du bâtiment.  

150.000 euros pour lever les barrières

"L'objectif du Vooruit à l'époque et de VIERNULVIER aujourd'hui est de supprimer les barrières", explique le coordinateur Franky Devos. Pour ce faire, une politique de tarifs adaptée a été mise en place. Cela permet au centre d’arts d'atteindre davantage de personnes. Le restaurant distribue aussi du café et de la soupe que des clients paient pour l'offrir à des personnes défavorisées. L'année dernière, cela a représenté 2 000 consommations. L'accessibilité aux PMR s’est aussi améliorée grâce aux modifications apportées au bâtiment.

Il y a deux nouveaux ascenseurs pour les artistes, les orateurs et les visiteurs handicapés. Ils peuvent ainsi accéder à la scène ou à l'auditorium de manière plus autonome. Les spectateurs en fauteuil roulant peuvent assister à une représentation à différents endroits de l'auditorium, alors qu'auparavant cela n'était possible qu'à l'avant.

Les malentendants bénéficient d'une amplification du son, que les visiteurs peuvent eux-mêmes augmenter grâce à une application. Les personnes malvoyantes peuvent obtenir des explications d'un narrateur professionnel, en même temps que certains spectacles.

La Flandre, Gand et VIERNULVIER ont déboursé 150.000 euros pour ces mesures. "Nous voulons que l'infrastructure soit au point d'ici 2030, date à laquelle Gand souhaite devenir Capitale européenne de la culture", explique l'échevin Sami Souguir (Open VLD). "L'accessibilité est une priorité absolue pour cette administration", reconnaît l'échevine Astrid De Bruycker (Vooruit).

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