Aller au contenu principal
Alexander de Croo et la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, avant l'ouverture du sommet mercredi

Sommet européen : De Croo met en garde contre l'ingérence de la Russie lors des élections

A l’ouverture du sommet européen extraordinaire de ces 17 et 18 avril à Bruxelles, le Premier ministre Alexander De Croo a mis ses collègues en garde, mercredi, contre des tentatives d’ingérence de la Russie à l’approche des élections européennes, qui auront lieu dans les 27 Etats membres entre le 6 et le 9 juin. Un groupe de travail européen va être créé pour répondre aux tentatives d'ingérences étrangères sur le continent, fournir un état des lieux fréquent de la situation et transférer les informations utiles aux États membres. L'outil temporaire sera mis sur pied jusqu'au scrutin européen de juin.

Anne François Belga
Publié:

Cette "task force" sera composée de représentants de la Commission européenne, du Parlement européen, du Service européen pour l'action extérieure et de la présidence du Conseil de l’UE, assurée actuellement par la Belgique. Elle interviendra dans le cadre du mécanisme "IPCR" (de l'anglais Integrated political crisis response) dont dispose le Conseil pour coordonner la réaction politique en cas de crises complexes de grande ampleur.

Alexander De Croo l'a expliqué à l'issue de la première journée du sommet européen, qui se tient à Bruxelles jusqu'à ce jeudi. "Nous avons des indications sérieuses que la Russie a joué un rôle actif pour tenter d’influencer notre démocratie. Ces tentatives sont inacceptables. Nous devons tout faire pour défendre notre démocratie". De Croo précisait : "Nous voulons faire le point de manière fréquente sur ce que nous voyons en termes de campagnes de désinformation, partager ces informations avec les États membres et travailler avec les autorités judiciaires nationales pour agir".

Le Premier ministre avait annoncé vendredi dernier l'ouverture par les autorités judiciaires belges d'une enquête sur un réseau d'influence russe dans plusieurs pays. Des parlementaires européens auraient reçu des paiements de Moscou pour promouvoir sa propagande. Cette annonce faisait suite à la révélation par les autorités tchèques d'une opération d'ingérence pro-russe impliquant des réseaux d'espionnage. Avant l'ouverture du sommet, Alexander De Croo et son homologue tchèque, Petr Fiala, avaient également appelé à des sanctions européennes pour contrer les immixtions.

Alexander de Croo (à dr.) et son homologue Petr Fiala

Régime européen de sanctions

"Il est temps d'instaurer un nouveau régime de mesures restrictives de l'UE pour contrer les activités russes malveillantes", écrivaient les deux Premiers ministres dans un courrier adressé à leurs homologues européens avant l'ouverture du sommet de Bruxelles. La presse tchèque avait rapporté que les paiements concernaient des responsables politiques de Belgique, de France, d'Allemagne, de Hongrie, des Pays-Bas et de Pologne. La formation d'extrême droite allemande Alternative pour l'Allemagne (AfD) serait notamment impliquée. Le gouvernement tchèque a placé le média Voice of Europe, l'ancien député ukrainien et homme d'affaires proche du Kremlin Viktor Medvedtchouk, ainsi que l'homme de médias Artem Martchevsky, sur sa liste de sanctions, en lien avec les activités du réseau. De Croo avait dit s'attendre à ce que les personnes impliquées soient aussi placées sur la liste de sanctions de l'UE.

Bruxelles et Prague souhaitent également que le Parquet européen et l'OLAF, l'office de lutte anti-fraude, puissent agir davantage. "Ce sera l'un des sujets dont nous parlerons avec la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola", a indiqué le Premier ministre belge. "Le Parlement européen coopérera avec toutes les autorités des États membres, comme nous l'avons toujours fait, pour s'assurer que ces élections, nos institutions démocratiques, ne soient victimes de tentatives d'interférence", a souligné Roberta Metsola.

Aucune demande de levée d'immunité n'a encore été reçue dans le cadre des enquêtes tchèque et belge qui viennent de s'ouvrir. La Belgique a demandé à Eurojust - l'agence européenne de coopération judiciaire - d'intensifier l'échange d'informations.

Le roi Philippe a reçu les 27 au palais

Le souverain a reçu mercredi en fin de journée les membres du Conseil européen au palais royal de Bruxelles, une semaine après s'être adressé au Parlement européen, dans le cadre de la présidence belge du Conseil.

Aux chefs d'État et de gouvernement des Vingt-sept Etats membres, il a confié sa fierté d'être Européen, et plus encore en cette période d'incertitude. Le Roi a souligné l'importance des décisions européennes des derniers mois sur l'aide à l'Ukraine, l'autonomie stratégique de l'Union, la défense, l'élargissement, ou encore la migration. Autant de domaines qui, à ses yeux, apporteront aux citoyens de l'UE davantage de sécurité, de démocratie et de prospérité.

Philippe a insisté sur l'importance de maintenir l'unité des Vingt-sept, alors que le rôle du Conseil est de dégager une position commune aux États membres quand ces derniers divergent. Anticipant les débats du sommet européen de ces mercredi et jeudi, il a appelé à consolider les institutions, à renforcer le marché intérieur et à rendre l'Europe plus compétitive pour affronter l'avenir.

REGARDER

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5