La moitié des hôpitaux flamands ne prodiguent pas le bon traitement en cas d'accident vasculaire cérébral (AVC) ou commencent le traitement trop tard. C'est ce que révèlent les chiffres de l'Institut flamand pour la qualité des soins, publiés dans De Morgen. Les différences entre les hôpitaux sont également parfois importantes.
La moitié des hôpitaux flamands ne traitent pas les accidents vasculaires cérébraux correctement ou alors trop tard
Chaque année, quelque 13 000 personnes en Flandre sont victimes d'un accident vasculaire cérébral. On distingue deux types d’accidents vasculaires cérébraux : les infarctus cérébraux et les hémorragies cérébrales. Lorsqu'un caillot sanguin se forme, un médecin doit administrer le plus rapidement possible le traitement médicamenteux nécessaire appelé "thrombolyse" par le biais d'une perfusion. Ce médicament permet de dissoudre le caillot sanguin qui obstrue l’artère cérébrale.
"Chaque minute compte à cet égard", déclare Svin Deneckere, directeur de l'Institut flamand pour la qualité des soins. "Plus le temps d’attente est long avant le traitement d’un accident vasculaire, plus le tissu cérébral peut être affecté. Or, nous constatons que dans seulement la moitié des hôpitaux, ce traitement est effectué correctement et en temps voulu."
5 à 20 % des patients victimes d'un accident vasculaire cérébral devraient recevoir cette thrombolyse. "Or, nous constatons qu'en Flandre, ce n'est le cas que pour 11 % des patients en moyenne. Si l'on compare cela avec les autres pays européens, nous nous situons à peu près en milieu de peloton.
Des différences entre les hôpitaux
En outre, il existe également une grande différence entre les hôpitaux, notamment en ce qui concerne les complications ou le risque de mortalité. Dans les hôpitaux les mieux notés, seuls 6 % des patients meurent après un accident vasculaire cérébral, contre 24 % dans les hôpitaux les moins bien notés. Environ un hôpital sur dix présente un risque de mortalité plus élevé que prévu.
"C’est lié à l'organisation de l'hôpital", explique Geert Vanhooren, neurologue à l'AZ Sint-Jan de Bruges et président du groupe d'experts sur les soins aux victimes d'accidents vasculaires cérébraux. "Et cela n'est pas fait de la même manière dans tous les endroits".
Selon lui, en tant que neurologue dans un hôpital, vous devez presque vous efforcer personnellement de réduire au maximum le délai de prise en charge des patients victimes d'un AVC. "C'est une activité quotidienne qui doit être revue à chaque cours : où avez-vous perdu des minutes ? "
Un plan national ?
Svin Deneckere estime que les hôpitaux devraient suivre des procédures strictes pour mieux coordonner le fonctionnement des équipes impliquées dans le traitement d'un patient souffrant d'un caillot sanguin dans le cerveau. Dans l'idéal, les patients victimes d'un AVC devraient également être admis immédiatement dans un service spécialement équipé, où se trouvent des équipes bien formées et expérimentées, composées de personnes issues de différentes disciplines.
Les Pays-Bas, l'Allemagne et le Danemark, entre autres, obtiennent de bien meilleurs résultats à cet égard, affirme Svin Deneckere. "Ou encore la République tchèque : au cours des 10 à 15 dernières années, elle a consacré beaucoup d'efforts à l'amélioration des soins aux victimes d'accidents vasculaires cérébraux dans le cadre d'un plan national. Ce plan prévoit des procédures et une formation très strictes. Vous pouvez constater que cette approche fonctionne : la République tchèque obtient également de bien meilleurs résultats que la Belgique".
