Le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD), ainsi que les ministres Paul Van Tigchelt (Open VLD), Annelies Verlinden (CD&V), Hadja Lahbib (MR) et la secrétaire d'Etat Nicole de Moor (CD&V) effectuent une visite de deux jours au Maroc. Ils y discuteront entre autres d'une meilleure collaboration entre les deux pays sur le plan judiciaire. La délégation belge est arrivée à Rabat, capitale du Royaume du Maroc dimanche soir.
Alexander De Croo au Maroc à la tête d’une importante délégation belge
L'invitation provient du gouvernement marocain. Le gouvernement belge est appelé à participer lundi à une "Haute Commision Mixte", avec à l'agenda la collaboration entre les deux pays sur les plans culturel, commercial, politique, judiciaire et migratoire. Un des sujets importants pour la Belgique sera la reprise par le Maroc de ses ressortissants condamnés en Belgique ou qui y séjournent de manière irrégulière.
La visite ne se limite pas au niveau politique. Une trentaine d'entrepreneurs belges s'y embarque également, qui participeront mardi à une conférence à Casablanca pour un renforcement des liens commerciaux entre Bruxelles et Rabat.
Selon les chiffres de l'Agence pour le commerce extérieur, la Belgique a exporté l'an dernier pour 1,3 milliard d'euros vers le Maroc, soit une légère diminution par rapport à l'année précédente. Les exportations principales relèvent du domaine de la chimie, des métaux et des machines. Les ambitions écologiques du gouvernement marocain et le prochain Mondial de football 2030, partiellement organisé dans le royaume, offrent des perspectives nouvelles pour des entreprises de construction comme Willemen et Besix ou encore pour les grands groupes Jan De Nul et DEME.
La Sûreté de l'Etat disposera d'un officier de liaison à Rabat
La Sûreté de l'État belge disposera, d'ici l'été, d'un officier de liaison à Rabat. Le Maroc est le deuxième pays, après les Etats-Unis, où le service de renseignement belge prendra pied.
L'officier de liaison de la Sûreté de l'Etat pourra recevoir directement des informations des services de sécurité marocains sur des dossiers concernant la Belgique. Cette coopération existe déjà en principe, mais avec une personne sur le terrain, elle sera beaucoup plus directe.
Ce n'est pas un hasard si Rabat sera, après Washington, le deuxième endroit où les services de renseignement belges vont s'établir. La communauté marocaine constitue la plus grande diaspora non européenne dans notre pays, d'où l'importance de bonnes relations avec le Maroc. Se pose également la question des personnes en séjour illégal dans un contexte de criminalité liée à la drogue et de surpopulation carcérale. Environ 700 Marocains en situation irrégulière se trouvent actuellement dans des prisons belges.
Pour que ces ressortissants marocains puissent être renvoyés dans leur pays d'origine, le Maroc doit être prêt à coopérer. Ce qui a relativement bien fonctionné jusqu'en 2016, mais après les attentats de Bruxelles et le raffut autour du pacte de Marrakech, les relations se sont détériorées et la machine s'est enrayée. Depuis novembre, des progrès ont à nouveau été enregistrés, grâce notamment au travail réalisé par le Premier ministre Alexander De Croo et le ministre de la Justice Paul Van Tigchelt. Ainsi, au cours des premiers mois de l'année, 40 condamnés marocains ont été renvoyés au Maroc, alors que sur l'ensemble de l'année 2023, il n'y en a eu que 26.
Le Premier ministre espère que la visite de la délégation belge au Maroc permettra de consolider les relations qui ont été renouées. Et s'il est encore trop tôt pour prendre des engagements fermes, sur un nombre minimum de réadmissions par an par exemple, des bases devraient être jetées pour le prochain gouvernement, estime-t-il.
