Le nombre d'interventions inutiles d'ambulances augmente année après année en Belgique, si l’on en croit les chiffres du service public fédéral Santé publique. Mais les ambulanciers eux-mêmes signalent ce problème. “Les gens nous attendent parfois sur le pas de leur porte avec une valise toute prête". Le ministre fédéral de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, nuance le problème, tout en débloquant des fonds et en annonçant des réformes.
De plus en plus d'ambulances sont appelées pour des interventions inutiles
Toutes provinces confondues, 641.792 interventions ambulancières ont été enregistrées en 2023. C'est 2% de plus que pendant l'année précédente. Parmi celles-ci, 68.482 ont, par la suite, été qualifiées d'inutiles. Il s'agit là d'une augmentation de 12%. Cette tendance avait déjà été remarquée en 2022 (+10%) et en 2021 (+9%).
Les hausses les plus notables en 2023 ont été enregistrées à Bruxelles (+19%) et dans le Brabant flamand (+16%). Le service public fédéral Santé publique précise toutefois que le qualificatif "inutile" doit être nuancé car, sous l'influence de la panique, une personne qui appelle les secours n'est parfois pas en mesure d'évaluer la réelle gravité de la situation à laquelle elle fait face.
Souvent, lorsque l'ambulance arrive - généralement une dizaine de minutes après le signalement - l'appelant a déjà été calmé par l'opérateur téléphonique.
Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke nuance quelque peu le nombre d’interventions inutiles, estimant qu’une augmentation du nombre de recours aux ambulances n’est pas étonnant en raison du vieillissement de la population et du nombre croissant de personnes qui vivent seules. Il souligne que les opérateurs du service 112 posent des questions aux personnes qui appellent, afin de déterminer le degré d’urgence et le type de véhicule à envoyer.
Frank Vandenbroucke estime néanmoins que les soins médicaux d’urgence peuvent être améliorés et a décidé de débloquer plus de 160 millions d’euros à cet effet, dès 2025.

