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Grâce à HemoVision, les enquêteurs obtiennent en quelques minutes une image 3D du lieu du crime

Révolution pour les enquêteurs : un nouvel outil pour analyser les traces de sang sur la scène d'un crime

L’Université de Louvain (KU Leuven) et la police fédérale ont présenté mardi une nouvelle méthode à la pointe de la technologie, développée avec l’aide de l’intelligence artificielle, pour analyser des taches de sang sur les scènes de crime de façon plus rapide et plus précise. Les enquêteurs obtiennent en quelques minutes une image en trois dimensions du lieu du crime, qui peut aussi être utilisée pendant les procès d’assises.

Anne François Belga
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Un cadavre gisant sur le sol, une banderole de sécurité, des hommes en blanc munis d'appareils photo, des murs éclaboussés de sang... L'étude d'une scène de crime est essentielle pour permettre aux services de police de déterminer le fil des événements. Mais une telle opération nécessite encore souvent un travail manuel de longue durée et fastidieux.

Forentrics, fruit de la collaboration entre la KU Leuven et l'hôpital universitaire de Louvain (UZ Leuven), a développé un nouvel outil baptisé "HemoVision" qui pourrait bien faciliter la vie des enquêteurs. Basée sur des algorithmes intelligents, cette technologie permet d'analyser une projection sanglante en moins de 15 minutes et d'établir toute une série de scénarios. Le tout en 3D.

"Habituellement, on utilise des ficelles pour relier les éclaboussures jusqu'au sol, de manière à désigner le point de convergence et donc d'impact. Grâce à cette nouvelle méthode, il nous suffit de coller des marqueurs - sorte de plaquettes à damier noir et blanc - à côté des taches de sang. On prend ensuite des photos de la scène et on intègre le tout dans le logiciel d'HemoVision. Ce qui nous permet d'obtenir un scan des lieux en 3D et d'élaborer toute une série d'hypothèses d'impact (sur la victime), en fonction de la trajectoire des gouttes, de leur forme, de leur taille, notamment", détaillait Géraldine Derave, morphoanalyste des traces de sang.

En plus de sa rapidité d'exécution, HemoVision fonctionne aussi de manière très précise et diminue le risque de contamination ou d'altération de la scène de crime. "Le logiciel est très visuel, il facilitera certainement la compréhension des faits en cour d'assises et fera gagner un temps considérable à toute la chaîne judiciaire", indiquait Sabien Gauquie, directrice de la Direction de la police technique et scientifique (DJT).

Le nouvel outil HemoVision

"Une première mondiale"

La spin-off Forentrics parle d’une première mondiale. "A l’heure actuelle, il existe une série de méthodes pour analyser une trainée de sang, mais aucune d’entre elles n’offre des aides dans le domaine de l’automatisation et de la visualisation comme le fait le nouveau logiciel. On peut donc parler d’une première mondiale pour la Belgique", indiquait à VRT NWS Philip Joris de Forentrics.

Selon Sabien Gauquie, les options proposées par ce nouvel outil pourraient inclure la visualisation de la trajectoire suivie par une balle et même celle de l’emplacement d’un suspect.

Le procédé a déjà pu être testé dans une dizaine de dossiers en Belgique et serait prêt à être lancé sur le marché. Forte de sa collaboration avec la police fédérale, Forentrics vise à présent le marché international.

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