L'Université d'Hasselt coordonnera le groupe d'experts du monde entier érigé par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui va établir une Liste rouge des espèces de parasites menacées. Il s’agit par exemple de tiques, poux et vers solitaires. Les experts étudieront aussi comment protéger ces espèces en voie de disparition.
L'UHasselt dresse une liste des espèces de parasites menacées, "essentielles dans notre écosystème"
La Liste rouge de l'UICN inventorie au niveau mondial l'état de conservation global des espèces végétales et animales. L'Union évalue chaque année le risque d'extinction de milliers d'espèces et sous-espèces. Le document compte pour l'instant 157.100 espèces, dont plus de 44.000 sont menacées d'extinction.
"Moins de dix sortes de parasites différentes figurent sur la Liste rouge de l'UICN alors qu'on estime que plus de 30% des parasites au monde pourraient disparaître d'ici à la fin du siècle", souligne le professeur Maarten Vanhove du Centre des sciences de l'environnement de l'Université de Hasselt. "Les parasites jouent un rôle extrêmement important dans notre écosystème, en régulant les espèces. Ils constituent une partie importante de la biodiversité et représentent un indicateur précieux de l'état de notre planète", poursuit le professeur. "Mais ils ont été oubliés depuis bien trop longtemps."
On ne connaîtrait ainsi qu'un dixième des espèces de parasites existant dans le monde. Un groupe d'experts de l'Institut de conservation de la nature veut y apporter un changement. Une trentaine d'académiciens doivent donner un aperçu de la situation des espèces de parasites dans le monde.
L'Université de Hasselt va soutenir et coordonner le travail de ce groupe via un soutien financier du Fonds flamand pour la recherche scientifique (FWO, équivalent du FNRS côté francophone). Les experts se réuniront pour la première fois les 6 et 7 mai à l'UHasselt.
Les parasites sont importants
Les parasites sont les organismes les plus nombreux sur terre, mais jusqu’à présent peu de recherche a été effectuée à leur sujet. "Dans certaines régions du monde, le poids total des parasites est supérieur à celui de tous les oiseaux", indique le professeur Maarten Vanhove. "Il y a aussi énormément d’espèces qui n’ont pas encore été découvertes. On estime que seuls 10% de toutes les espèces de parasites au monde ont déjà été identifiées".
"On peut imaginer que l’impact sur notre écosystème serait grand si les parasites disparaissaient", souligne encore le professeur Vanhoven. "Bien que beaucoup de gens frissonnent à l’idée de vers solitaires, de tiques ou poux, ces parasites jouent un rôle essentiel dans notre écosystème. Ils participent à la biodiversité et leur présence est un baromètre de santé pour notre planète".
