Du 27 mai jusqu’au jour des élections, le 9 juin, VRT NWS examinera quotidiennement les déclarations politiques, lors d'un grand marathon de vérification des faits. Le service d'information de la VRT réalise cela en collaboration avec d'autres rédactions de Flandre, de Belgique francophone et des Pays-Bas. C'est ce qu'a annoncé VRT NWS, le 2 avril dernier, à l'occasion de la Journée internationale du fact-checking (vérification des faits).
VRT NWS unit ses forces avec d'autres rédactions pour un marathon de fact-checking en prévision des élections
Huit Flamands sur dix considèrent la désinformation et les fausses nouvelles, visant à nous manipuler, comme un problème. Un nombre croissant de personnes doutent également régulièrement de ce qui est réel et de ce qui ne l'est pas, tant en ligne que dans d’autres médias. À l'échelle mondiale, la désinformation, qu'elle soit générée ou non par l'intelligence artificielle, est même perçue comme le plus grand danger à court terme par le Forum économique mondial (FEM). Surtout au cours d’une année sensible comme 2024, où la démocratie est au centre de l'attention en raison des nombreuses élections qui ont lieu dans le monde entier.
Pour cette raison, le service d'information de la radio-télévision publique flamande a annoncé le 2 avril dernier, à l'occasion de la Journée internationale du fact-checking, le tout premier marathon de vérification des faits dans les plats-pays (Pays-Bas, Flandre et Belgique francophone) . À partir du 27 mai, les frontières entre les différentes rédactions et les frontières nationales s'estomperont un peu, car VRT NWS, Knack, Factcheck.Vlaanderen, deCheckers.be, RTBF, Algemeen Dagblad, le programme de recherche Pointer (KRO/NCRV) et Nieuwscheckers vont unir leurs forces.
Des textes, de l’audio et des vidéos passés au crible
Durant ce marathon, les journalistes collaboreront depuis une rédaction commune à la VRT à Bruxelles. Chaque jour, au moins deux vérifications de faits seront publiées sous forme de texte, et de vidéo et de fragments audio. Les propositions avancées par les politiciens, les chiffres utilisés par les candidats et les images diffusées par les partis sur les réseaux sociaux, tout cela sera examiné à la loupe.
"Chaque jour, avec une équipe enthousiaste d'une vingtaine de journalistes, nous passerons en revue les déclarations de nos hommes politiques et des comités d'action", explique Luc van Bakel, rédacteur en chef de la rédaction factcheck à la VRT NWS. "Il peut s'agir de choses qu'ils affirment dans un studio de télévision ou de radio ou qu'ils partagent sur les réseaux sociaux. En unissant nos forces pendant deux semaines, nous toucherons un public beaucoup plus large et nous pourrons démentir ou clarifier des informations incorrectes ou trompeuses plus rapidement. Et nous le ferons sur autant de plateformes possible : de la télévision aux réseaux sociaux".
L'un des partenaires néerlandais qui se rendra à Bruxelles est le programme d'investigation journalistique Pointer de la chaîne publique néerlandaise KRO-NCRV. Il travaille depuis longtemps avec la VRT dans le cadre d'un partenariat plus large visant à lutter contre la désinformation en langue néerlandaise.
Il faut que les électeurs puissent aller voter sur base de faits vérifiés.
René Sommer, rédacteur en chef du journal KRO-NCRV.
"Les enjeux des élections européennes sont considérables. Elles tournent autour de grands thèmes tels que le changement climatique et la migration - des sujets où la désinformation est omniprésente. C'est pourquoi nous pensons qu'il est important d'organiser un marathon de vérification des faits à l'approche des élections afin que les électeurs puissent aller voter sur la base des faits vérifiés", souligne René Sommer, rédacteur en chef du journal KRO-NCRV.
"Grâce à la coopération avec AD et Nieuwscheckers, ainsi qu'avec nos collègues belges de la VRT, Factcheck.Vlaanderen, Knack et deCheckers, nous pouvons avoir un impact maximal avec nos factchecks.
Du pouvoir d'achat aux changements climatiques
Les articles seront publiés sur les différentes plateformes d'information des médias participants. Les thèmes abordés vont du pouvoir d'achat à la sécurité, et de la migration en passant par les changements climatiques. En d'autres termes, des thèmes qui jouent un rôle important lors des élections flamandes, fédérales et européennes.
"Des journalistes de huit rédactions différentes qui unissent leurs forces pour vérifier les faits ensemble, c'est vraiment sans précédent", déclare Griet De Craen, rédactrice en chef de VRT NWS. "Et il est nécessaire de le faire, car huit Flamands sur dix pensent que la désinformation est un problème pour notre société. En période électorale, les opinions peuvent aller dans tous les sens et s'opposer considérablement, mais de préférence sur la base de faits et de chiffres réels. Ce Marathon des plats pays est basé sur la variante néerlandaise, qui a déjà connu trois éditions.
Tout le monde peut faire des suggestions
Tout le monde peut transmettre des déclarations ou des messages qui seront vérifiés pendant le marathon. Les Flamands peuvent le faire via le site internet ou via les réseaux sociaux de deCheckers.be . Tous les factchecks du marathon apparaîtront sur le site web et l'application de la VRT NWS, sur les réseaux sociaux et dans les programmes électoraux à la radio et à la télévision.
Le marathon de factchecking peut être suivi du 27 mai jusqu'au jour des élections le 9 juin (6 juin pour les Néerlandais) via toutes les plateformes de VRT NWS ainsi que sur decheckers.be . Pour en savoir plus sur les factchecks de la VRT NWS , cliquez ici.
Les différents services de sécurité du pays vont faire la chasse aux fausses informations circulant sur internet
L'intoxication et la désinformation sont quasi aussi vieilles que l'humanité, mais avec le développement des réseaux sociaux, celles-ci ont trouvé de puissants vecteurs renforçant leur impact auprès des masses.
Que ce soit aux Etats-Unis ou en France, plusieurs opérations de désinformation ont été mises au jour ces dernières années. Mais la Belgique n'est pas à l'abri. Un récent rapport des services de sécurité a confirmé que la propagation de fake news constituait aussi une menace réelle pour la Belgique et ses institutions démocratiques.
Que ce soit lors de la crise sanitaire ou lors de la généralisation des cours d'éducation à la vie affective et sexuelle (Evras) en Fédération Wallonie-Bruxelles l'année passée, plusieurs services étrangers ont propagé ou renforcé via les réseaux sociaux la circulation de fausses informations afin de susciter des tensions en Belgique.
Face à ces menaces, le gouvernement a donc décidé de renforcer la surveillance des réseaux sociaux durant une période jugée particulièrement sensible, à savoir les prochaines élections de juin.
Cette vigilance sera également maintenue durant les élections communales d'octobre, ainsi que pendant toute la période -qui pourrait être longue- de formation du prochain gouvernement fédéral. Cette période d'entre-deux est en effet considérée comme un moment plus vulnérable pour le pays.
Dans la pratique, cette surveillance des réseaux sera menée par différents services de sécurité du pays réunis au sein d'une même taskforce. Celle-ci réunit à la fois les renseignements militaires (SGRS), la Sûreté de l'Etat, la police, le Centre de crise national,...
