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Catherine De Bolle est directrice exécutive d'Europol depuis 2018

Europol a répertorié 821 réseaux criminels, dont une centaine actifs en Belgique, surtout dans le trafic de drogues

L'agence européenne de police criminelle Europol a présenté ce vendredi la première cartographie européenne des réseaux criminels considérés comme présentant le plus de risque. Plus d'une centaine des 821 réseaux transfrontaliers recensés sont aussi actifs en Belgique, et essentiellement dans le trafic de cocaïne et de cannabis, a précisé la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden.

Anne François Belga
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"Nous savons qui ils sont, comment ils s'organisent, quelles activités ils mènent, comment et où ils opèrent, avec quels autres réseaux criminels ils rivalisent, et quelles représailles ils commettent contre la police et la justice", a détaillé la directrice d'Europol, la Belge Catherine De Bolle, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Elle estime que ces 821 réseaux dépassent les 25.000 membres, pour 112 nationalités différentes. "Tous ces réseaux sont désormais inscrits sur le radar de la justice et de la police, et sous enquête au niveau national ou international", a ajouté l’ancienne Commissaire générale de la police fédérale. Elle souligne l'apport des enquêtes sur les messageries cryptées (comme Sky ECC) ces derniers mois.

La criminalité organisée se décline surtout en Belgique dans le trafic de drogues - cocaïne en tête -, mais aussi dans le trafic de migrants vers le Royaume-Uni, ainsi que la contrebande, en ligne ou non (comme pour les cigarettes). Le trafic d'êtres humains et les mariages gris figurent aussi parmi les activités des réseaux cartographiés dans notre pays. Des États voisins ont en outre averti la Belgique de l'activité sur son territoire de réseaux criminels pratiquant l'extorsion et le chantage sur de petites entreprises et des commerces locaux, surtout ceux disposant de cash comme des restaurants ou des night-shops, a détaillé la ministre Verlinden. L'intimidation peut déboucher sur de la violence matérielle, voire physique.

Une autre caractéristique des réseaux criminels actifs en Belgique est leur multinationalité. Il s'agit surtout de ressortissants belges et néerlandais, mais aussi albanais ou associés à d'autres pays des Balkans occidentaux, de Turquie, du Maroc, notamment.

Informations utiles pour les services de sécurité

Ces données consolidées pour la première fois dans une cartographie commune aux 27 États membres de l'Union européenne et à 17 autres pays associés seront utilisées intensément par les services de police et de justice, a assuré la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden. "Les enquêtes et les opérations pourront maintenant se concentrer plus efficacement sur les réseaux criminels les plus menaçants, sur les individus les plus pertinents et, à partir de là, démanteler le réseau entier", estime la ministre.

Annelies Verlinden souligne que la Belgique doit aussi continuer à investir dans le renforcement de ses services de sécurité et de renseignement. Le blanchiment d'argent et le trafic d'armes seront aussi mieux appréhendés, grâce à une meilleure coopération transfrontière.

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La directrice d’Europol, Catherine De Bolle, souligne en effet que 86% des réseaux criminels parviennent encore à infiltrer l’économie légale - notamment via l’Horeca ou le secteur de la construction - pour y écouler les gains importants réalisés de façon illégale ou criminelle. Les autorités judiciaires ne parviennent en général qu’à saisir 2% des gains dce ces réseaux, le reste des recettes restant entre les mains des criminels.

Catherine De Bolle suggère en outre d’effectuer aussi toujours une enquête sur le financement des organisations criminelles qui sont démantelées - pour arrêter au plus vite le blanchiment d’argent - et d’analyser également, le cas échéant, leur approvisionnement en armes.

Quant au commissaire européen à la Justice, le Belge Didier Reynders, il a mis l'accent sur la capacité de ces réseaux à menacer des ministres ou des juges, jusqu'au sein du nouveau Parquet européen. Comme ses prédécesseurs, il a largement détaillé les mesures et projets en cours pour contrer la criminalité transfrontière organisée. Ainsi, le futur réseau de procureurs spécialisés sera ancré à Eurojust, l'agence européenne de Coopération judiciaire.

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