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La commissaire nationale aux drogues Ine Van Wymersch

Ine Van Wymersch : "Un bâtiment abritant un laboratoire de drogues devient inhabitable pour au moins 100 ans"

Un laboratoire de drogues installé dans un bâtiment à Poederlee, dans la commune de Lille en Campines anversoise, a fait plusieurs victimes. Trois cadavres y ont été découverts mercredi, ainsi que plusieurs autres personnes intoxiquées. Elles fabriquaient des drogues de synthèse dans des conditions d’aération et d’hygiène déplorables. Interviewée à ce sujet sur le plateau de l’émission Terzake de VRT Canvas, la commissaire nationale aux drogues Ine Van Wymersch a souligné mercredi soir qu’un nombre croissant de labos de drogues sont retrouvés dans des habitations. Celles-ci deviennent inhabitables pendant au moins 100 ans en raison de la toxicité des substances utilisées pour la fabrication des drogues de synthèse. Elle met donc les propriétaires et voisins en garde : il faut agir vite si des activités ou odeurs suspectes sont constatées.

Anne François
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Un laboratoire de drogues produit une grande quantité de déchets chimiques. "Les gens n’ont pas suffisamment conscience de la dangerosité de cette activité", souligne la commissaire nationale aux drogues Ine Van Wymersch. "Une étude australienne a révélé qu’un bâtiment où un laboratoire de drogues a été installé n’est plus habitable pendant au moins un siècle".

Aux Etats-Unis, de nombreuses mesures ont été adoptées pour déclarer un ancien laboratoire de drogues inhabitable. "Les bourgmestres belges peuvent en faire de même, sur base du code du logement. Ils protègent ainsi la santé d’éventuels futurs habitants", suggère Van Wymersch.

Elle rappelle aussi aux propriétaires-bailleurs qu’ils ont une part de responsabilité : ils doivent rester alertes et ne pas louer leur bien à des locataires malveillants. "En tant que bailleur, vous pouvez être considéré comme coresponsable de ce que votre locataire fait dans votre bien, s’il s’avère que vous étiez au courant de ses activités".

Et Van Wymersch de souligner qu’il y a souvent des signaux permettant de détecter des activités louches. "Faites donc attention si quelqu’un vous propose par exemple une très grosse somme d’argent liquide pour louer un bien qui n’est pas en bon état. Si quelque chose parait trop beau pour être vrai, c’est souvent le cas".

Le nombre de labos de drogues découverts a doublé

“En 2023, le nombre de laboratoires de drogues découverts a pratiquement doublé", indiquait encore la commissaire nationale aux drogues. Autrefois, ils étaient avant tout installés à la frontière avec les Pays-Bas, en provinces d’Anvers et du Limbourg. Mais actuellement, on les découvre aussi plus au centre du pays.

"On constate que les organisations criminelles recherchent des endroits où elles peuvent exercer tranquillement leurs activités. Quand un laboratoire de drogues est découvert, il se situe souvent à un endroit où on ne l’attendait pas". Comme dans une maison mitoyenne ou au milieu d’un quartier d’habitations.

La commissaire encourage les citoyens à rester très alertes s’ils détectent une odeur ou une activité suspectes. "Via des lignes d’appel spécialement ouvertes à cet effet, les citoyens peuvent signaler de façon anonyme des odeurs ou des mouvements suspects, sans craindre que leur identité ne soit découverte par les criminels. Cela peut alors mener au démantèlement d’un laboratoire", précisait encore Ine Van Wymersch.

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