Le centre de détention de la commune brabançonne flamande d’Everberg, qui accueille pendant un temps limité des jeunes âgés de 12 à 18 ans qui ont commis une infraction, lance une appel aux bénévoles qui parlent l’espagnol, l’arabe, l’allemand ou le darija (l’arabe parlé au Maroc). Ils pourront aider à accueillir sur place des mineurs d’âge non-accompagnés qui ne parlent pas le néerlandais, le français ni l’anglais. "Chaque jeune doit recevoir une opportunité équitable de terminer son parcours", explique Amir, accompagnateur d’un groupe de jeunes. Mais ce n’est pas évident quand on ne parle pas les langues du pays. La campagne de recrutement de bénévoles doit permettre au centre De Grubbe d’offrir un accueil plus chaleureux aux jeunes qui y sont envoyés par la justice.
Le centre fermé pour jeunes d'Everberg cherche des bénévoles qui parlent la langue de mineurs non-accompagnés
L’an dernier, le centre fermé d’Everberg a accueilli 37 mineurs non-accompagnés, envoyés par un juge de la jeunesse pour y séjourner un maximum d’un mois. "Lorsque ces jeunes arrivent, ils sont souvent très méfiants. Quand on leur explique que De Grubbe n’est pas une prison pour jeunes ni un centre d’attente à l’expulsion du pays, ils se détendent immédiatement un peu " explique Amir, l’un des responsables, soulignant que l’accueil de ces jeunes est un moment charnière.
"Pour les jeunes qui ne parlent pas le néerlandais, ni le français ou l’anglais, il est presque impossible de leur expliquer ce qu’ils peuvent attendre de leur séjour à Everberg", précise Niels Heselmans, porte-parole de l’Agence 'Grandir' (Opgroeien), autrefois connue sous le nom ‘Kind en Gezin’. "Cela les rend encore plus anxieux. Et nous ne pouvons pas leur expliquer assez clairement en quelle mesure nous sommes là pour les aider".
Des bénévoles plutôt des ordinateurs de traduction
Pour des jeunes qui ont vécu des expériences traumatisantes et qui ne sont pas accompagnés, le fait de ne pas comprendre la langue qu’on leur parle ou de pouvoir s’exprimer dans une langue qu’ils maîtrisent représente un obstacle. Il s’agit en outre souvent de jeunes très vulnérables. “Nous voulons leur donner un sentiment de sécurité, mais ce n’est pas toujours facile", explique le responsable du campus Kristophe. Les bénévoles qui parlent bien l’espagnol, l’allemand, l’arabe ou le darija (l’arabe marocain) pourront aider le personnel du centre De Grubbe à accueillir plus sereinement les jeunes qui arrivent.
"Nous cherchons des bénévoles avec des connaissances linguistiques qui peuvent nous aider de temps en temps quand nous accueillons des jeunes mineurs non-accompagnés", précise Niels Heselmans. "Bien entendu, nous travaillons aussi avec des ordinateurs de traduction et l’intelligence artificielle nous aide à expliquer aux jeunes ce que nous attendons d’eux, mais nous constatons que l’approche personnelle reste importante".
"Etablir une connexion via une langue commune est vraiment crucial. Dans un scénario idéal, nous voulons donner à la personne qui effectue l’accueil d’un jeune l’aide d’un bénévole qui parle la langue du nouveau venu. Nous pouvons alors lui expliquer ce que nous attendons de lui, mais nous pouvons aussi écouter son récit. Ce sont des jeunes qui sont souvent en route, de pays en pays, depuis des mois voire des années et qui ont vécu des situations traumatisantes. Ils sont des cibles faciles pour des bandes criminelles ou ils volent pour pouvoir survivre et sont alors confrontés à la police", précise Niels Heselmans.
Samir, un jeune d’origine marocaine qui séjourne actuellement au centre fermé d’Everberg, a trouvé une connexion. Il parle l’arabe et l’espagnol, mais il veut apprendre le néerlandais. Il affirme comprendre la langue de mieux en mieux grâce à son séjour au centre De Grubbe, qu’il considère d’un œil positif. "Il y règne une ambiance agréable". Les jeunes font beaucoup d’efforts, malgré la barrière des langues, pour discuter les uns avec les autres. "Même avec les mains et les pieds", précise Samir.
Les bénévoles qui voudraient aider de temps en temps à accueillir des mineurs non-accompagnés au centre de détention d’Everberg trouveront davantage d’informations sur le site opgroeien.be/taalhulp .

