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Brussels Airport - Zuhal Demir

La ministre Zuhal Demir accorde un nouveau permis d'exploitation à Brussels Airport, soumis à conditions

Le gouvernement flamand a octroyé ce vendredi à l’aéroport international de Zaventem un nouveau permis d'exploitation de durée illimitée, mais lié à des conditions visant à "garantir un équilibre entre les intérêts économiques de l’aéroport et la viabilité pour son environnement". Le permis n'interdit pas les vols de nuit, mais il prévoit une réduction de 30% des nuisances sonores d'ici 2032, a annoncé la ministre flamande de l'Environnement, Zuhal Demir. Le permis actuel de Brussels Airport expire le 8 juillet prochain.

Anne François Belga
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Le nouveau permis d'environnement, délivré pour une période indéterminée, se base sur l’avis de la Commission régionale d’avis en matière d’environnement (GOVC), mais n’a par contre pas suivi le conseil du Département Santé, qui suggérait de placer la limite sonore à 60 décibels, ce qui signifiait de facto l’interdiction des vols de nuit. La ministre flamande de l’Environnement veut cependant s’attaquer au problème des nuisances sonores provenant de l’activité aéroportuaire et prévoit donc d'introduire de manière progressive des nuits silencieuses les week-ends.

D’ici 2032, l'aéroport devra réduire ses nuisances nocturnes de 30% pour préserver le sommeil des riverains. C'est moins que le calendrier préconisé par l'Union européenne (-30% d'ici 2030), mais cela reste "néanmoins ambitieux pour l'aéroport", estime Demir. Cela se passera avec l’aide de nuits silencieuses le week-end, qui seront introduites progressivement. Dès l’été 2026, seuls les avions satisfaisant à des normes sonores plus sévères pourront encore atterrir à Brussels Airport entre 1h et 5h du matin, du samedi au lundi. Les week-ends silencieux seront allongés de quelques heures en 2028 et 2030. Et dès 2028, ces mesures concerneront aussi les vols qui décollent de Zaventem.

La ministre Zuhal Demir a également fixé un plafond de 240.000 mouvements d'avions par an à partir de 2032, ce qui rend possible un scénario de croissance de l'aéroport de l'ordre de 13%. A l'heure actuelle, Brussels Airport enregistre 212.000 mouvements (2023) par an. Le plafond de 240.000 fixé ce vendredi est supérieur à la limite de 234.000 mouvements recommandée par la Commission régionale d'avis en matière d'environnement, la GOVC.

D'ici 2032, Brussels Airport devra réduire ses nuisances sonores de 30%

Assurer l'avenir

La ministre Demir affirme que le nouveau permis délivré, et les conditions qui y sont liées, sécurisent l’avenir de Brussels Airport tout en faisant la juste balance entre les intérêts économiques et les conditions de vie des riverains.

"L'aéroport génère quelque 64.000 emplois directs et indirects. Nous ne mettons pas en danger le pouvoir d'achat et la création de prospérité pour la Flandre, mais nous demandons toutefois des efforts au secteur. Préserver l'équilibre entre les intérêts économiques et la qualité de vie est la meilleure garantie d'une sécurité juridique", a ajouté Demir.

L'administration flamande de la santé avait suggéré d'imposer un seuil sonore de 60dB durant la nuit, ce qui aurait conduit de facto à une interdiction des vols nocturnes à Brussels Airport. Le ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo) avait plaidé dans ce même sens. Mais, selon Zuhal Demir, pareille interdiction aurait conduit à la perte de 1.600 emplois. Un comité de suivi sera créé pour évaluer la progression de l’aéroport international et réaliser d’éventuelles adaptations.

DHL : les conditions du permis sont "un carcan viable"

"Les conditions sont un carcan, mais à première vue un carcan viable", a réagi ce vendredi la compagnie DHL à l'annonce de l'octroi d'un nouveau permis d'exploitation à Brussels Airport. Le transporteur express se dit "modérément positif" face aux nouvelles conditions. Elles impliquent en effet des restrictions supplémentaires en ce qui concerne le nombre d'heures disponibles pour le décollage et l'atterrissage, en particulier les week-ends.

En outre, les conditions limitent l'utilisation de certains types d'avions, spécifiques à l'aéroport de Bruxelles, pointe l'entreprise de logistique. "Cela aura inévitablement un impact sur l'organisation de notre réseau. Il faudra déployer des efforts considérables pour aligner les connexions mondiales aux conditions renforcées", analyse Lorenzo Van de Pol, porte-parole de DHL Aviation.

"Il nous semble logique que des efforts soient demandés à tout le monde et nous déploierons ces efforts, notamment parce que nous constatons que le permis recherche un équilibre subtil entre les intérêts de l'aéroport, de l'économie et de l'environnement." DHL va à présent analyser les conditions du permis plus en détail afin d'en déterminer l'impact global, qui "n'est pas encore tout à fait clair". Une procédure européenne doit maintenant évaluer de manière plus approfondie toutes les mesures et conditions proposées avant qu'elles n'entrent en vigueur.

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