Il s’agit d’écoles communales néerlandophones de Molenbeek-Saint-Jean, Anderlecht et Bruxelles-Ville qui trouvent trop peu d’enseignants pour pouvoir fonctionner harmonieusement. Elles dépendent de la Communauté flamande, raison pour laquelle le corps enseignant s’est donné rendez-vous à la Place des Martyrs au centre de Bruxelles, où se trouvent les principaux cabinets ministériels flamands. Les écoles concernées réclament davantage de mesures du ministre de l’Enseignement Ben Weyts.
Vingt écoles néerlandophones de Bruxelles font grève ce mercredi contre la pénurie d'enseignants
An Gijs, directrice de l’école Kakelbont dans la commune de Laeken, fait grève ce mercredi pour aller manifester devant le cabinet du ministre Weyts. "Nous avons commencé l’année scolaire avec trois classes primaires qui n’avaient pas de titulaire. Entretemps, nous avons trouvé nous-même une solution. Par moment, j’ai moi-même donné cours aux élèves", expliquait la directrice à radio 2.
L’école a pour le moment un problème avec la 5e année primaire, où il manque aussi un titulaire. "Nous voulons tout simplement faire comprendre au ministre que la situation ne peut plus durer", expliquait An Gijs.
Une prime pour aller travailler à Bruxelles ?
"Je ne sais pas si l’allocation d’une prime aux enseignants néerlandophones qui acceptent d’aller travailler à Bruxelles fera vraiment la différence. Je ne pense pas que des euros supplémentaires attireront davantage d’enseignants vers les écoles bruxelloises", estimait la directrice An Gijs.
Quant aux personnes qui quittent leur emploi dans un autre domaine pour aller donner cours dans les écoles (les 'zij-instromers' en néerlandais), "ils sont intéressants, mais ils ont besoin d’un accompagnement supplémentaire et nous n’avons pas de personnel pour le leur donner".
Pour la directrice de l’école Kakelbont, "une revalorisation de la profession est la seule solution pour attirer davantage d’enseignants dans la capitale. A Bruxelles, il y a une grande diversité parmi les élèves, ce qui ne facilite pas la tâche des enseignants". L’action de protestation des enseignants est soutenue par divers parents. Ils se sont regroupés pour former l’association 'SOS! Save our schools'.
Echevins socialistes flamands
“Nos huit écoles primaires communales participent à la grève", indiquait à nos collègues de Bruzz l’échevine de l’Enseignement de la commune d’Anderlecht, Bieke Comer. "Pour les enfants dont les parents ne trouvent pas de solution pour les garder pendant la grève, nous assurons un accueil d’urgence".
L’échevin/e de l’Enseignement des communes d’Anderlecht, Schaerbeek et Bruxelles-Ville sont tous les trois membres du parti socialiste flamand Vooruit. Un hasard, estime Bieke Comer. "Ce sont avant tout les trois plus grandes communes bruxelloises, avec le plus grand nombre d’écoles communales néerlandophones".
La pénurie d’enseignants néerlandophone à Bruxelles a déjà obligé l’école primaire Hendrik Conscience de Schaerbeek de fermer plusieurs classes au début du mois, après le départ de deux enseignants qui ont trouvé du travail plus proche de leur domicile en Flandre. Entretemps, une solution se profile pour la réouverture de ces classes.
