Le ministre flamand des Médias Benjamin Dalle (CD&V) estime que la polémique autour de la série documentaire sur l'affaire De Pauw n'aura pas été bénéfique à la lutte contre les comportements transgressifs. Néanmoins, le ministre continue de soutenir le CEO de la VRT, Frederik Delaplace. Ce dernier avait décidé de déprogrammer la série, avant de se raviser et de présenter ses excuses en évoquant une "grave erreur d’appréciation".
Après la polémique autour du documentaire De Pauw, le ministre flamand des Médias continue de soutenir le CEO de la VRT
"Je pense que tout cette polémique n'aura certainement pas fait en sorte que les victimes peuvent se plaindre ou s'exprimer plus facilement", a déclaré le ministre Benjamin Dalle (CD&V) dans l'émission De Ochtend, ce mercredi, sur Radio 1. "C'est un sujet qui doit pouvoir être abordé".
Cela n'a pas manqué de faire du tort à la VRT, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Benjamin Dalle, ministre flamand des Médias
En outre, il a ajouté que la polémique autour de la suppression de la diffusion de la série documentaire a eu des conséquences pour la VRT. "Cela a fait du tort à la VRT, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et il faut maintenant tenter de réparer cela".
Qu'en est-il du cas Delaplace ?
Selon Benjamin Dalle, l'administrateur délégué Delaplace peut tout à fait rester en poste. "Il m'a assuré qu'il avait de bonnes intentions et j'en suis convaincu", déclare Benjamin Dalle. "Lui et son équipe ont essayé, avec les meilleures intentions du monde, de parvenir à une réconciliation".
"Les femmes impliquées n'ont pas été suffisamment écoutées", poursuit-il. "Il est désormais évident que l’ intérêt des victimes doit être au centre des préoccupations. C'est pourquoi des excuses ont été présentées hier par la VRT". Benjamin Dalle a qualifié ces excuses de signal très important de la part de Frederik Delaplace et a regretté que les mérites de l'administrateur délégué n'aient pas été davantage soulignés.
"Il a reconnu que le contraire de ce qu'il souhaitait s'est finalement produit. Ce qui constitue un geste fort de la part d’un CEO".
"Un CEO de la VRT doit avoir une sensibilité sociale"
Leo Neels, professeur émérite de droit des médias, s'est montré plus sévère à l'égard de M. Delaplace dans l'émission "De ochtend". Selon lui, la décision de reporter la série indique que le PDG "n'a pas évalué correctement le rôle des femmes dans l'entreprise".
"Il est évident qu'il dirige l'institution culturelle la mieux subventionnée de Flandre", explique M. Neels. "Il s'agit d'un poste très en vue, qui prête le flanc à la critique".
"En tant qu’administrateur délégué, vous devez être compétent, mais aussi avoir une sensibilité sociale à l'importance de thèmes plus vastes. Il est donc particulièrement regrettable de retarder une série annoncée sur ce thème, un thème qui est au premier plan aujourd'hui".
Responsabilité finale
Le ministre Dalle a souligné qu'il n'est pas lui-même responsable de la programmation et de la grille de diffusion de la chaîne publique. "Cela ne relève pas de la politique, mais de la responsabilité finale de l’administrateur délégué. Le décret sur les médias est très clair à ce sujet". Selon le ministre, M. Delaplace avait donc la possibilité d'intervenir dans la programmation. "Il est clair que le CEO en a parlé à plusieurs personnes", ajoute-t-il.
"La question me tient à cœur et j'ai donc estimé qu'il était de mon devoir d'y répondre", déclare le ministre. "C'est pourquoi j'ai dit dès le début que j'étais préoccupé par le rôle des victimes".



