Le nombre de personnes suivies par l'Organe de Coordination pour l’Analyse de la menace (Ocam) a légèrement baissé au cours de l’année écoulée, passant ainsi de 700 à 650 extrémistes et terroristes en 2023. La menace ne diminue pas pour autant, souligne le directeur de l'Ocam, Gert Vercauteren. Le niveau de menace moyen des personnes reprises dans la Banque de données commune (BDC) est même en légère hausse.
Le nombre d'extrémistes en légère baisse dans notre pays, "mais la menace n'a pas diminué"
Cette banque de données bénéficie depuis peu d'un nouveau cadre légal. La nouvelle loi permet notamment un meilleur échange d'informations entre les services concernés, tant les services de sécurité que les services d'accompagnement et de prévention, y compris le secteur de la jeunesse, a expliqué le ministre de la Justice Paul Van Tigchelt, ce mardi au cours d'une conférence de presse au siège de l'Ocam à Bruxelles.
"Des personnes sont retirées du BDC quand il est clair qu’elles évoluent de façon positive depuis un bon bout de temps et qu’aucun élément négatif n’est apparu dans leur dossier", précisait Gert Vercauteren.
La ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden insiste également sur cette transmission d'informations, notamment avec les services de police sur le terrain. Lors d'une intervention par exemple, les forces de l'ordre seront mieux informées sur des détails éventuels de radicalisation. À leur tour, elles pourront renseigner le personnel médical de la menace potentielle d'un individu interpellé et admis en milieu hospitalier.
La législation de la BDC a été modifiée à la lumière des travaux en commission à la Chambre et des leçons tirées d'événements tragiques comme l'attentat perpétré à Schaerbeek le 10 novembre 2022, ont précisé les deux ministres. Ce jour-là, une personne radicalisée souffrant de problèmes psychiques avait tué un policier après avoir été emmenée à l'hôpital par la police.
D’après Gert Vercauteren, la baisse du nombre d’extrémistes surveillés est due au fait que "le plus gros impact de la guerre en Syrie est maintenant passé". Il met néanmoins en garde contre un enthousiasme trop précoce. "Cela ne signifie pas que le niveau de la menace baisse automatiquement. Notre analyse révèle en effet que le niveau de la menace moyen des personnes qui figurent dans la Banque de données commune a légèrement augmenté".
Radicalisation en ligne
Près de 90% des personnes reprises sur la liste de l’Ocam proviennent d’un milieu jihadiste. Quelque 9% sont liées à l’extrémisme de droite et 2% à l’extrémisme de gauche. Un groupe nettement plus restreint comprend des personnes qui ont des idées anti-establishment ou des personnes qui sont liées à un contexte étranger particulier.
Gert Vercauteren met en garde: “Le travail n’est jamais terminé. Nous ne pouvons pas lever le pied en matière de partage des informations et de concertation". Nous devons aussi trouver des manières pour contrecarrer la propagande extrémiste. "C’est avant tout la radicalisation en ligne des jeunes, parmi lesquels il y a des mineurs d’âge, qui représente un grand défi", concluait Gert Vercauteren.
