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Le gouvernement fédéral revoit le mécanisme de soutien à la distribution des journaux, sans modifier l'enveloppe

Le gouvernement fédéral s'est accordé ce mercredi en comité restreint sur un réarrangement, au sein de l'enveloppe existante, des dispositions organisant le soutien à la distribution de la presse (journaux et magazines). Il a suivi une proposition formulée le matin même par les éditeurs par laquelle il sort du critère de "zones blanches" et introduit une proposition de tarifs variant par région, selon les densités de population. Bpost se dit "soulagé" que la situation ait été clarifiée, tandis que les marchands de journaux dénoncent un "marché crapuleux conclu entre les éditeurs, le politique et bpost", dont ils se sentent exclus.

Anne François Belga
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A la fin de l'année 2023, le gouvernement fédéral décidait de mettre un terme au système de concession de la distribution des journaux et magazines, à la suite des résultats controversés d'un appel d'offres. Ce faisant, le gouvernement réalisait aussi une économie budgétaire. L'enveloppe de 125 millions d'euros a en effet été réduite. Pour les six premiers mois de cette année, 75 millions d'euros permettront à bpost d'assurer encore cette distribution, comme il l’a fait par le passé.

Ensuite, et ce jusqu'en 2026, un montant de 50 millions d'euros par an a été prévu sous forme de crédit d'impôt pour soutenir la distribution de journaux et périodiques dans les zones peu peuplées, dites "zones blanches". Mais la formule ne satisfaisait pas les éditeurs de presse au vu de ses difficultés de mise en œuvre et le gouvernement était divisé sur la question.

Du côté francophone, le PS et Ecolo estimaient ainsi que l'enveloppe financière devait être augmentée pour soutenir la presse à l'heure où la désinformation est un problème de plus en plus prégnant dans les démocraties. Le MR voulait maintenir le soutien aux libraires indépendants. L'Open VLD entendait quant à lui demeurer dans l'enveloppe existante. Aucun accord n'a pu être obtenu pour accroître l'enveloppe.

Trois catégories

La proposition des éditeurs est donc restée dans le cadre existant. Trois catégories sont prévues: les régions dont la densité de population est inférieure à 250 habitants par kilomètre carré seront davantage soutenues que celles dont la densité oscille entre 250 et 5.000 habitants par km2, elles-mêmes plus soutenues que celle dont la densité est supérieure à 5.000 habitants par km2... qui ne donnera pas lieu à un crédit d'impôt.

Cette répartition épouse les limites de la Wallonie, la Flandre et Bruxelles. Le système fonctionnera sur la base de fourchettes de coûts de distribution. En 2024 et 2025, cela représente une fourchette de 30 à 79 centimes par journal en Wallonie et de 40 à 57 centimes en Flandre.

Bpost et Roularta satisfaits de l'accord

Bpost s'est dit "soulagé" que la situation relative à la distribution de la presse soit enfin clarifiée. Roularta, qui édite notamment les périodiques Le Vif, Flair, Knack et Trends/Tendances, a également salué le soutien fiscal accordé par le gouvernement pour la distribution des journaux et magazines.

Pour bpost, cette clarification était importante, car des négociations sont toujours en cours avec tous les éditeurs du pays pour la période suivant le mois de juin, date à laquelle le système actuel de distribution des journaux prendra fin. "Nous explorons toutes les pistes pour réduire nos coûts de distribution et offrir aux éditeurs le meilleur service possible", indique bpost. L'entreprise a également réaffirmé sa volonté "d'éviter un plan social" et de préserver les emplois de son personnel.

De son côté, le groupe de médias Roularta s'est réjoui que les magazines n'aient pas été exclus de l'accord. Son CEO, Xavier Bouckaert, avait critiqué les "conditions ambitieuses" envisagées pour l'octroi de ce soutien financier. Le gouvernement a finalement décidé d'accorder 10 centimes par magazine distribué ces trois prochaines années, ce qui ravit l'éditeur.

"C'est devenu un système beaucoup plus simple", estime Bouckaert, qui ne pense pas que les changements mèneront à une augmentation des prix des abonnements. Roularta négocie actuellement avec deux opérateurs pour la distribution de ses magazines, les négociations devraient être achevées d'ici mi-avril.

Les marchands de journaux se sentent oubliés

Par le biais de la fédération professionnelle Perstablo, les marchands de journaux dénoncent ce qu’ils qualifient de "marché crapuleux conclu entre les éditeurs, le politique et bpost", dont ils affirment se sentir "oubliés".

Aux yeux de Perstablo, il n'a pas été tenu compte de l'impact économique de ce soutien sur les librairies-presse, dont deux établissements ferment leurs portes chaque jour en moyenne. La fédération professionnelle accuse le gouvernement fédéral de faire primer l'emploi au sein de bpost à celui des indépendants. Perstablo considère que le nouvel accord sur la distribution des journaux s'inscrit en réalité dans la continuité des anciens subsides, qui aboutissent désormais dans la poche de bpost par l'intermédiaire des éditeurs.

"Il est temps que le gouvernement pense à tous ces vendeurs de presse indépendants qui doivent se battre chaque jour pour garder la tête hors de l'eau. On ne cesse de parler d'un bain de sang économique chez bpost s'il perd ce subside, mais le bain de sang économique fait rage dans notre secteur depuis des années. Désormais on pousse les librairies-presse encore un peu plus dans les profondeurs mais cela ne semble déranger personne", s'offusque Perstablo.

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