La ministre flamande des Affaires intérieures Gwendolyn Rutten (Open VLD) a suspendu pour un an la reconnaissance de la mosquée Diyanet Kevser qui se trouve à Alost. L’information est donné par De Standaard et a été confirmée à VRT NWS. La mosquée perdra donc son financement pendant un an. Auparavant, le gouvernement ne pouvait que supprimer complètement les reconnaissances de mosquée, c'est la première fois qu'on opte pour une suspension.
La ministre Gwendolyn Rutten suspend, pour un an, la reconnaissance de la mosquée Kevser à Alost
La mosquée turque Kevser d'Alost (Flandre orientale) était dans le collimateur des autorités depuis un certain temps. "Il y avait un soupçon d'ingérence étrangère", souligne Gwendolyn Rutten (Open VLD). "Il s'agit d'une mosquée du groupe Diyanet, dont on dit souvent qu'il est l'antenne d'Erdogan.
Ce n'est pourtant pas la raison pour laquelle Gwendolyn Rutten a choisi de suspendre cette mosquée pour un an. "Il s'agit d'une application du décret flamand. Celui-ci stipule qu'en tant que communauté religieuse, vous devez disposer d'une salle de prière accessible au public et où les croyants peuvent se rendre.
Ce n'est pas le cas de la mosquée d'Alost depuis deux ans. "Etant donné qu'ils ne peuvent pas tenir leur promesse de tout remettre en ordre, je n'ai pas d'autre choix que de faire appliquer la loi et de décider de suspendre la mosquée pour un an.
Le bourgmestre d'Alost, Christoph D'Haese (N-VA), suit également Mme Rutten dans sa décision. "Nous respectons la liberté de pratique religieuse, c'est essentiel. Mais elle doit être ouverte et transparente. Avec cette mosquée, il y a trop de points d'interrogation".
Arrêt du financement
Pour la mosquée c’est une décision lourde de conséquences. Si c’est le gouvernement flamand qui décide de la reconnaissance, c’est la province de Flandre orientale qui apporte le financement, par exemple pour les factures d’eau ou d'électricité. Selon Gwendolyn Rutten, la mosquée de Kevser perdra ces financements l'année prochaine.
"Une conséquence logique et un signal clair. Une reconnaissance n'est pas une simple chose. Il s'agit de droits et de devoirs et la mosquée a maintenant un an pour se mettre en ordre.
La question de savoir si l'imam continuera à percevoir son salaire relève quant à elle d'une décision du gouvernement fédéral. En effet, les ministres du culte sont payés par l'État belge. "Mais c'est la logique même qui veut qu'il soit mis fin à cette pratique. S'il n'y a pas de salle de prière où l'on peut s'adresser aux croyants, il est logique que l'on ne finance pas l'imam.
Pas de suspension permanente
C'est la première fois que la reconnaissance d'une mosquée est suspendue pendant un an, car auparavant, le gouvernement ne pouvait que reconnaître une communauté religieuse locale ou lui retirer définitivement sa reconnaissance. La reconnaissance peut donc être rétablie au bout d'un an. "Seulement si la rénovation - à laquelle ils disent travailler depuis deux ans, mais pour laquelle nous ne voyons pas d'évolution - se fait dans les règles", a-t-il déclaré.
"Je pense qu'il faut faire preuve d'une vigilance absolue. Je suis peut-être particulièrement strict, mais aussi particulièrement juste", ajoute Christoph D'Haese. "Il est essentiel d'assurer la sécurité dans notre pays et nous devons ensuite montrer l'exemple pour lutter contre la radicalisation au sein des communautés religieuses.
