L'ancien président américain Barack Obama a été invité dimanche au château de Laeken pour une rencontre avec le roi Philippe et la princesse héritière Elisabeth, a indiqué le Palais royal sur le réseau social X (anciennement Twitter). L’ancien président était en Belgique pour "An Evening with President Barack Obama", une conférence d’une heure qu’il donnait au Studio 100 Pop-Up Theatre à Puurs-Sint-Amands en province anversoise, en prélude au festival de technologie FTI SuperNova (21-22 mars). De nombreuses personnalités y assistaient.
Barack Obama était en Belgique : une visite chez le Roi à Laeken puis une conférence à Puurs
Ce n'est pas la première fois que l'ex-président des États-Unis rencontrait le roi Philippe. Le souverain belge avait accueilli Obama au Palais royal en 2014, dans le cadre d'une visite d'État, puis d'une participation au sommet du G7.
Une photo officielle postée dimanche sur le compte Instagram du Palais royal montrait Barack Obama posant entre la princesse Elisabeth et le roi Philippe (photo), tous les trois arborant un large sourire. Plus tard dans la soirée, Obama indiquait aussi être passé par le Musée Magritte à Bruxelles au cours de sa brève visite en Belgique.
Une conférence à Puurs, sous haute surveillance
Barack Obama était surtout attendu dimanche en fin d'après-midi au Studio 100 Pop-Up Theatre, à Puurs-Sint-Amands (Anvers), pour y donner une conférence en prélude au festival technologique SuperNova, organisé par Flanders Technology and Innovation (FTI). Des mesures de sécurité particulières y avaient été prises par les services de police. Le bourgmestre Koen Van Den Heuvel avait aussi fait interdire le vol de drones au-dessus de la commune pendant la durée de la conférence.
Van Den Heuvel se disait particulièrement fier que l’ancien président des Etats-Unis vienne dans sa commune. "Il est exceptionnel qu’il vienne en Europe, et encore davantage à Puurs. Je vais aller écouter sa conférence. Peut-être que je pourrai lui serrer la main après la séance", plaisantait le bourgmestre.
Une conférence sur la technologie, mais aux accents politiques
Sans surprise, l'ancien président attire les foules. Il y avait 2.000 spectateurs (mais bien davantage de demandes de places) ayant chacun déboursé 650 euros, s'ils n'avaient pas bénéficié d'une invitation. L'ancien occupant de la Maison Blanche a été ovationné. De nombreuses personnalités ont également participé à l'événement, comme les ministres de la Justice et de l'Intérieur Paul Van Tigchelt et Annelies Verlinden, le ministre-président flamand Jan Jambon et le caricaturiste Jeroom.
Modérée par Jurgen Engels, l’organisateur du festival SuperNova, la conférence portait sur l'entrepreneuriat et le leadership. Ce qui n'a pas empêché Barack Obama d'exposer également sa pensée sur la politique actuelle, sans jamais nommer Donald Trump autrement que "mon successeur". Le Prix Nobel de la Paix de 2009 a été interrogé par exemple sur l'avenir des relations entre Washington et l'Europe. "Reposez-moi la question en décembre", a-t-il blagué. "Je pense qu'il est important de reconnaitre les différents intérêts et perspectives, mais un dévouement général à des valeurs comme l'État de droit, la liberté d'expression, l'État-providence, l'économie de marché... nous rassemble", a-t-il ajouté, tout en constatant que ces mêmes valeurs semblent menacées des deux côtés de l'Atlantique.
Il a également estimé que son successeur envoyait un "mauvais signal" en mettant en doute l'importance de l'Otan. "Je suis très fier de la manière dont l'Europe soutient l'Ukraine, malgré la charge que cela représente sur le plan de l'énergie", a assuré le Démocrate. "Mais certains aspects de l'Otan doivent être adaptés. L'Europe n'a pas contribué à sa défense à la hauteur des possibilités qu'offre sa richesse. Ce sont des préoccupations légitimes, mais minimes si nous continuons de nous accrocher à nos valeurs libérales démocratiques et de marché."
"Si les États-Unis et l'Europe perdent leurs valeurs démocratiques, cela aura un impact important sur l'économie mondiale, car sans ces valeurs, les conflits se multiplieront", a ajouté Obama, citant l'exemple de la Chine qui a pu s'appuyer sur le cadre de valeurs mis en place par l'Occident pour arriver à la croissance phénoménale qu'elle a connue. Mais les pratiques non démocratiques de la Chine mettent également le système en péril, a précisé l'ancien président.
Ce dernier a également souligné l'importance de la narration, un art qui selon lui n'est pas suffisamment bien maitrisé par les personnalités politiques de centre-gauche et de centre-droit. "Ceux qui, en Europe, souhaitent préserver l'État de droit démocratique ont des discours trop abstraits, pas assez proche de ce que vivent les gens". Les personnalités d'extrême droite, comme son successeur à la Maison Blanche, sont très efficaces dans ce registre, a regretté Barack Obama. "L'histoire qu'ils racontent mènera à la ruine, mais ils savent comment la raconter pour susciter la peur, la haine et la colère. Ils savent comment communiquer avec les gens qui ne se sentent pas en sécurité dans un monde qui évolue très vite, avec la mondialisation et les migrations à grande échelle".


