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Des lettres de résistantes belges de la Seconde Guerre mondiale retrouvées dans un ancien fauteuil en Estonie, de retour à Anderlecht

Une équipe de la télévision publique estonienne ETV a restitué à la Belgique quatre lettres de résistantes belges de la Seconde Guerre mondiale. Ces lettres ont été trouvées, par un restaurateur de meuble, dans un vieux fauteuil à Talinn en Estonie et ont fait l'objet d'un reportage télévisé. Les lettres ont été confiées au Musée national de la Résistance à Anderlecht.

BRUZZ Eric Steffens
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"Il y a quelque temps, la chaîne publique estonienne a réalisé un reportage sur des lettres écrites par des résistants belges pendant la Seconde Guerre mondiale", a expliqué Melissa Morales Magri, l’attachée de presse de la commune d'Anderlecht. "Ces lettres ont été retrouvées en 2022 cachées dans un vieux fauteuil de style rococo en Estonie. Ce sont des chaises belges qui se trouvaient en Estonie".

On ne sait pas comment les lettres et les chaises se sont retrouvées en Estonie. "Mais les journalistes de la télévision estonienne ont fait traduire les lettres par une professeure de français et ont découvert qu'elles avaient été écrites en 1942 et en 1943.

La télévision publique estonienne a non seulement fait traduire les lettres, mais elle a également voulu en savoir plus sur les expéditeurs et la destinataire de la lettre. "Les journalistes estoniens ont été fascinés par la découverte de ces lettres et se sont rendus en Belgique pour en apprendre davantage sur l'histoire de notre pays et des résistantes. Ils ont ainsi rencontré le bourgmestre d'Anderlecht et le directeur du Musée national de la Résistance", raconte encore Melissa Morales Magri.

Une visite des prisons de Gand et de Forest était également au programme.

Une image issue du reportage montrant l'endroit où les lettres ont été trouvées.

"La lecture de ces lettres a été très émouvante"

"Ces lettres ont été écrites par deux femmes, Gilberte Boydens et Fabienne Vandriessche et sont adressées à Sarah de Raeve. Gilberte était professeure d'allemand et de français à l’école de commerce de Gand, Fabienne et Sarah étaient ses élèves", a expliqué Agnès Graceffa, historienne et chercheuse au musée de la résistance à la chaîne BRUZZ. "Gilberte a été arrêtée en plein cours en 1942, avec son élève Fabienne, pour propagande anti-allemande. Elles ont été transférées de la prison de Gand à celles de Saint-Gilles et de Forest, puis déportées en Allemagne."

"La lecture de ces lettres a été très émouvante", a déclaré Natalja Kapitonova, qui a traduit les lettres. "On se plonge complètement dans l'atmosphère de l'époque. On ressent la douleur liée à leur emprisonnement".

Ainsi, Fabienne écrit qu'elle est résistante et qu'elle se bat pour la Belgique. Même si elle se retrouvait dans un camp de concentration, elle continuerait à se battre pour sa patrie".

On ne sait presque rien sur Sarah, mais on sait à présent que Gilberte et Fabienne ont survécu aux camps en Allemagne. Mme Kapitonova, en collaboration avec la chaîne de télévision ETV, a espéré retrouver leurs descendants en Belgique, mais en vain. Les lettres ont été remises aux collections du Musée de la Résistance d'Anderlecht. "Nous pensons que leur place est ici, car ces femmes ont un lien avec la résistance", a-t-elle déclaré.

"Il ne s'agit pas d'une histoire inventée"

La manière dont la chaise contenant les lettres cachées s'est retrouvée à Tallinn reste pour l'instant un mystère. L'historienne Agnès Graceffa a longtemps douté de l'authenticité des lettres des deux résistantes. "Jusqu'à ce que je trouve leurs deux noms dans le registre de la prison de Forest, alors j'étais totalement certaine qu'il ne s'agissait pas d'une histoire inventée", a-t-elle déclaré.

Les lettres ont été offertes au Musée national de la Résistance à Anderlecht et seront exposées lors de la réouverture du musée prévue cet été. Ce musée, ouvert en 1972, occupe le bâtiment d’une ancienne imprimerie au 14 de la rue Van Lint à Cureghem (Anderlecht). Le bâtiment est fermé pour cause de travaux de rénovation depuis 2018.

Ci-dessous le reportage de la télévision estonienne, sous-titré en français.  

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