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La statue restaurée de "Dikke Mathille" est de retour sur son socle à Ostende

La célèbre statue en bronze représentant une femme nue aux formes arrondies, couchée sur le côté, la tête appuyée sur une main, œuvre du sculpteur tournaisien Georges Grard a été entièrement restaurée. Des discussions ont eu lieu à la ville d’Ostende pour savoir à quelle endroit "Dikke Mathille" serait replacée après sa rénovation. Mais à la grande satisfaction de nombreux ostendais, elle est de retour à l'emplacement qu’elle occupait depuis 60 ans, devant le Parc Léopold.

Eric Steffens
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Mardi dernier, la statue "De zee" a été inaugurée à Ostende après une profonde restauration qui lui a redonné tout son lustre. Cette sculpture en bronze de 1954 que son créateur tournaisien George Grard (1901-1984) a baptisée "De Zee", représentant une mer opulente et sensuelle, est ici populairement appelée "Dikke Mathilde" ('Dikke Mathille' en Ostendais).

La plus célèbre sculpture féminine d'Ostende avait été ternie par les intempéries du littoral, mais à présent elle est comme neuve. "Nous avons essayé d'atténuer la décoloration majeure de la statue, les taches vertes et noires visibles, et cela a bien fonctionné", explique le restaurateur Klaas Remmens. "Si la statue est désormais entretenue chaque année, elle pourra rester à Ostende pendant de très longues années encore.

Où devait-elle être replacée ?

Le projet initial de la ville d'Ostende était de replacer la statue restaurée à sa place d'origine, dans une niche sur le côté du Casino Kursaal. Elle avait été déplacée en 1963 parce que certains milieux puritains trouvaient la statue d’une femme nue aux formes voluptueuses trop offensant. Mais aujourd'hui, les Ostendais sont habitués à la voir sur le terre-plein central de la Leopold II-laan dans une pièce d’eau carrée, devant le Leopoldpark, que des protestations se sont même élevées et que le conseil communal a décidé de la replacer où elle était depuis 60 ans.

Plus visible

"Je ne l’ai jamais vu ailleurs", déclare Johan. "Il y a soixante ans, j’ai été au lycée près d'ici. Je me souviens que l'on faisait parfois des blaques à la statue et que les jeunes versaient de la mousse de bain dans le petit bassin qui l'entourait. La mousse montait si haut que l'on voyait à peine la statue".

"Le Kursaal était peut-être un meilleur endroit d'un point de vue historique, avoue Alison, mais, Mathille est beaucoup plus visible ici. "C'est vrai, confirme Luc, je savais qu’à l’origine Mathille se trouvait au Kursaal. Mais ici, elle prend tout son sens. Si vous entrez ou sortez d'Ostende en voiture, Mathille est là pour vous saluer".

La statue avant sa restauration

Georges Grard

Georges Grard (Tournai 26/11/1901, Coxyde 26/09/1984) a été formé à l'Académie des beaux-arts de Tournai où il avait suivi les cours du sculpteur Dekorte. En 1930, il obtient le prix Rubens et doté d’une bourse, il part à Paris où il découvre les sculptures de Charles Despiau, Aristide Maillol et surtout Auguste Renoir. En 1931, il s'installe à Saint-Idesbald dans une maison de pêcheur qui va devenir le rendez-vous incontournable de nombreux artistes. À partir de 1950, de nombreuses commandes publiques lui sont passées où il développe son thème préféré : le corps de la femme.

La Naïade à Tournai

A noter que comme à Ostende, ailleurs en Belgique, certaines de ses œuvres ont choqué, à une époque, et ont dû être déplacées.

L’une de ses œuvres les plus emblématiques, la Naïade, commandée en 1950 afin d’orner le pont sur l’Escaut, reconstruit à Tournai suite à la Seconde Guerre mondiale a créé une véritable polémique dans les cité des Cinq clochers. Sous la pression des milieux catholiques, cette sculpture monumentale en bronze montrant une femme nue, vigoureuse, les bras le long du corps, a été déplacée au pied du pont, entre deux peupliers, où elle resta durant plus de 30 ans.

La réinstallation de l’œuvre sur son socle d’origine eut lieu le 7 janvier 1983. Aujourd’hui cette Naïade incarnant la liberté et l’anticonformisme est devenue l’élément central du Carnaval de Tournai. Elle est chaque année déguisée par la confrérie des Diables. (voir ci-dessous)

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