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Quelque 1 000 exorcismes ont lieu chaque année à l'abbaye d'Averbode.

Plus de 1.000 "exorcismes" par an en Flandre : "Nous avons du mal à répondre à la demande".

L'abbaye d'Averbode (Brabant flamand) semble être le "haut lieu de l'exorcisme" dans notre pays. Trois exorcismes y sont pratiqués chaque semaine. Dans toute la Flandre, ce chiffre s'élève à plus de 1.000. L'historien Kristof Smeyers (KU Leuven) et l'un des exorcistes officiels en Flandre nous en dit plus sur le regain de popularité de ces pratiques.

Eric Steffens
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L "exorcisme" est une pratique qui semble surtout appartenir au passé. Pourtant, cela arrive encore aujourd'hui. "Je fais trois exorcismes par semaine et il ne se passe pas un jour sans qu'il y ait de nouvelles demandes", témoigne Geert, un exorciste officiel. Geert est un pseudonyme, mais son nom est connu de la rédaction.

Cela lui demande beaucoup de temps, en plus de son travail pastoral, "d'écouter les histoires de ces gens et d'essayer de les libérer". Geert dit qu'il n'est pas une exception. "J'entends souvent dire que, même dans d'autres paroisses, on a du mal à répondre à la demande.  

Pas comme dans le célèbre film d'horreur américain

D'où vient cette pratique ? "L'exorcisme existe depuis très longtemps", explique l'historien Kristof Smeyers (KU Leuven). Dans le cadre de son étude intitulée " Duivels ongenoegen", (Mécontentements diabolique) il tente de retracer l'histoire de l'exorcisme en Flandre.

"À un moment donné, l'Église a ressenti le besoin de reprendre ces pratiques, qui existaient depuis des siècles", explique Smeyers. "Au 17e siècle, ce rite a été rédigé point par point. Jusqu'à aujourd'hui, il n'y a pas eu beaucoup de changements à ce sujet.

Un exorcisme n'est en fait pas très spectaculaire, contrairement à ce que l'on voit parfois dans des films comme 'L'exorciste'"

Geert (nom d'emprun)

C'est à partir de ces ouvrages que Geert s'est initié au métier. "Il y a aussi des cours d'exorcisme à Rome et j'aimerais bien les suivre un jour. Un exorcisme n'est en fait pas très spectaculaire, contrairement à ce que l'on voit parfois dans des films comme 'L'exorciste'".

Si cela ne se passe pas comme dans le célèbre film d'horreur, comment cela se passe-t-il ? "Cela commence par une conversation exploratoire", explique Geert. "La personne raconte librement et en toute confiance son histoire. Elle est suivie d'une longue prière pour la libérer. Il ne se passe rien de physique.

La bande-annonce du film qui a contribué à définir l'image des exorcismes.

"L'essence d'un exorcisme est d'engager un dialogue avec le mal", ajoute l'historien Kristof Smeyers. "Les manuels recommandent la prudence, car le diable est le père du mensonge. Tout ce qu'il dit peut donc être (délibérément) faux".

Qui choisit de se faire exorciser ?

Selon Smeyers, les symptômes des personnes possédées ne sont pas uniformes. "Ils changent beaucoup au fil des siècles", explique-t-il.

Aux XIXe et XXe siècles, par exemple, ce sont surtout des "symptômes physiques" qui se manifestaient. "En général, la sonnette d'alarme est tirée lorsque quelqu'un a un comportement anormal. Même les "accidents" qui ne semblent pas avoir d'explication peuvent éveiller des soupçons sur le diable.

La présence de femmes prétendument possédées par le diable ou des démons est disproportionnée.

Kristof Smeyers, historien (KULeuven)

L'historien fait une nette distinction entre les personnes qui sont elles-mêmes convaincues "que le diable habite en elles" et celles dont l'entourage en est persuadé. "À cet égard, une particularité ressort : la présence disproportionnée de femmes prétendument possédées par le diable ou des démons. Il existe une théorie dominante selon laquelle les femmes sont plus enclines au péché et au mal".

Geert voit des similitudes dans les personnes qui viennent le voir. "Ce sont des personnes qui sont bloquées, qui ne peuvent pas avancer dans leur vie et qui mettent cela sur le compte d'une force surhumaine", explique-t-il. "Nous vivons une époque incertaine. Les gens ont moins d'attaches et ont plus de mal à donner une place aux choses".

L'exorcisme peut-il offrir à ces personnes une véritable libération ? "Cela ne fonctionne pas automatiquement, mais environ la moitié des personnes disent quand même se sentir mieux et être capables d'aller de nouveau de l'avant."

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