Le nombre de tués sur les routes de Belgique a baissé de 7% en 2023 par rapport à 2022, soit 483 tués contre 520, selon le baromètre de la sécurité routière de l’institut Vias. Hors années Covid, il s'agit du nombre le plus bas jamais atteint. En Flandre, le nombre de cyclistes impliqués dans des accidents mortels augmente cependant : ils étaient 84 l’an dernier. C’est le chiffre le plus élevé en 20 ans.
Moins de tués sur les routes de Flandre, mais les accidents mortels impliquant des cyclistes se multiplient
Le nombre d'accidents corporels régresse également (diminution de 2%). Même scénario pour le nombre de blessés (-2% également). "Il est toujours difficile d'expliquer ces tendances mais la multiplication des radars (tronçons) et la suppression des marges de tolérance lors des contrôles vitesse, a certainement un impact sur le comportement des conducteurs", explique l’Institut pour la sécurité routière Vias.
En Wallonie, le nombre de tués sur les routes est passé de 228 à 217 (dont 95 d'entre eux dans la seule province de Hainaut) et en Flandre de 271 à 261. La diminution la plus nette est enregistrée à Bruxelles: on y est passé de 21 à 5 tués en un an.
Malgré cette tendance positive, l’Institut reste critique. "Des objectifs stricts et ambitieux ont été établis, qui devraient permettre de réduire de moitié le nombre de tués sur nos routes entre 2020 et 2030. La baisse actuelle n’atteint pas encore cet objectif, et il faudra donc ajouter des mesures supplémentaires". Vias pense notamment à une adaptation de l’infrastructure et à l’introduction du permis de conduire à points. "On peut ainsi mieux identifier les personnes qui font de nombreuses infractions et les retirer de la circulation".
Accidents avec des cyclistes et des camionnettes
Au niveau national, Vias note une hausse du nombre de tués pour deux catégories d'usagers: les cyclistes (de 95 à 96 tués) et les personnes impliquées dans un accident avec une camionnette (de 50 à 58 tués). A l'opposé, on note une baisse du nombre de tués parmi les motards (65 à 49 tués). "Jamais le nombre de tués n'a été aussi faible pour les deux-roues motorisés", indique Vias.
Plus du tiers (35%) des usagers décédés sur les routes l'an dernier sont des piétons ou des cyclistes. Près d'un cycliste tué sur deux (44%) l'a été au guidon d'un vélo électrique. Une tendance préoccupante : le nombre très élevé de tués les nuits de semaine. Il a quasiment doublé en un an (69 tués en 2023 contre 36 tués en 2022). Près de 4 tués sur 10 (38%) sont enregistrés la nuit du jeudi au vendredi.
En Flandre, le nombre de cyclistes tués sur les routes est important : il est passé de 73 en 2022 à 84 l’an dernier - le chiffre le plus élevé en 20 ans. L’augmentation concerne tant les cyclistes sur un vélo classique que ceux qui roulent avec un vélo électrique. Sur ces 84 cyclistes tués, 23 ont eu un accident n’impliquant aucun autre véhicule.
Le ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet, salue des "résultats encourageants", "même si chaque victime est une victime de trop". "Cette tendance à la baisse témoigne qu'en matière de sécurité routière, il n'y a pas de place pour l'improvisation, le hasard ou pire encore, le laisser-aller", pointe le ministre, rappelant les mesures prises en faveur de la sécurité routière, telles que les règles pour les trottinettes, pour lutter contre la vitesse excessive, l'alcool ou la distraction au volant.
Georges Gilkinet note aussi que le nouveau code de la voie publique "assurera bientôt un meilleur équilibre entre les usagers, mais également des initiatives comme celles d'interdire de la vente du gaz hilarant ou de systématiser les contrôles drogue en cas d'accident". Il promet encore d'ici la fin de la législature d'intensifier en priorité la lutte contre les récidivistes de comportements dangereux au volant.

