L'Université Libre de Bruxelles et l'Université d'Anvers participent à un projet de recherche pour évaluer de nouveaux vaccins contre le coronavirus, administrés par voie nasale. Le projet est piloté par l'Imperial College de Londres et mené, du côté belge, par l'European Plotkin Institute for Vaccinology à l'ULB et Vaccinopolis à l'Université d'Anvers. Dès 2025, un nouveau vaccin contre le Covid sous forme de spray sera testé.
L'ULB et l'Université d'Anvers collaborent à la mise au point d'un vaccin contre le Covid par voie nasale
Ce projet de recherche, doté de 62 millions d'euros et baptisé "Mucosal Immunity in human Coronavirus Challenge (MusiCC)", permettra de tester une nouvelle génération de vaccins qui seront administrés non plus par voie intramusculaire mais par voie nasale, la voie de transmission du virus. Ce type de vaccin sous forme de "spray" pourrait changer la donne, estime le professeur et vaccinologue Pierre Van Damme (Université d'Anvers), car il permettrait de non seulement d'atténuer la gravité de la maladie mais aussi d'empêcher la transmission du virus, ce qui n'est pas le cas des vaccins actuels.
En outre, une moindre circulation du virus irait de pair avec un risque moins élevé de nouveaux variants. "Les vaccins capables d'arrêter la transmission d'un virus, et pas seulement de réduire la gravité de la maladie qu'il provoque, sont cruciaux pour mettre fin rapidement aux pandémies et épidémies", souligne Richard Hatchett, directeur Général du CEPI, la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations.
"Si nous pouvions induire une immunité muqueuse bloquant le virus avec la prochaine génération de vaccins contre le Covid-19, nous pourrions significativement réduire la circulation du virus Sars-CoV-2 et limiter ainsi sa capacité à générer de nouveaux variants dangereux". "Ces vaccins en développement sont conçus pour induire une immunité forte au niveau des muqueuses", explique pour sa part Arnaud Marchant (ULB).
"Le terme "muqueuse" fait référence aux membranes muqueuses: les coronavirus infectent généralement par le biais des cellules du nez, de la gorge et des poumons. Si les muqueuses peuvent être immunisées, la transmission du virus peut être stoppée. Notre travail sera d'analyser de manière très détaillée la réponse immunitaire mucosale et d'identifier quels paramètres immunitaires sont importants pour l'effet protecteur du vaccin." Ces nouveaux vaccins potentiels seront testés sur environ 120 patients volontaires dans plusieurs endroits du monde et notamment en Belgique.
C’est à Vaccinopolis (photo), le centre de test de l’Université d’Anvers, qu’une soixantaine de bénévoles essayeront le spray nasal. Ils seront notamment exposés à une version affaiblie du coronavirus.
Les scientifiques devront ensuite évaluer si le spray nasal peut être utilisé comme vaccin initial ou comme rappel (booster), voire dans les deux cas. Et combien de doses sont nécessaires pour quels groupes de la population. Restera aussi à établir quels pourraient être les effets secondaires d’un vaccin sous forme de spray nasal contre le Covid et s’il pourrait être utilisé aussi contre d’autres infections des voies respiratoires.

