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Quelque 2.000 personnes mobilisées à Bruxelles contre les réformes budgétaires européennes

Environ 2.000 personnes, selon la police bruxelloise, se sont rassemblées ce mardi matin au rond-point Schuman (photo) - dans le quartier des institutions européennes à Bruxelles - pour protester contre les nouvelles règles budgétaires de l'Union européenne. L'action, qui se tenait en marge d'une réunion des ministres européens de l'Économie et des Finances, entendait mettre en garde sur les risques d'un retour à une "Europe de l'austérité".

Anne François Belga
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Rassemblés dès 11h au rond-point Schuman à l'appel du syndicat socialiste FGTB, et équipés de fumigènes, drapeaux géants et percussions, les manifestants ont clamé leur "non" à l'austérité et ont pointé l'urgence de penser les règles budgétaires européennes à travers un prisme social. Début février, le Parlement européen et les États membres ont en effet trouvé un accord sur des nouvelles règles budgétaires. La réforme, qui vise à garder sous contrôle les déficits des 27 Etats membres, devra encore être votée en session plénière à Strasbourg au printemps.

Si le texte est voté, il permettrait aux États membres d'appliquer ces nouvelles règles budgétaires dès cette année, pour leurs budgets 2025. Concrètement, la réforme entend moderniser le Pacte de stabilité, créé à la fin des années 1990 et qui limite pour chaque pays le déficit des administrations publiques à 3% du produit intérieur brut (PIB) et la dette à 60%. Jugé trop drastique, ce cadre n'avait jamais vraiment été respecté et était considéré comme obsolète.

Le nouveau texte, tout en confirmant ces ratios, rend un peu plus flexible l'ajustement réclamé aux pays de l'UE en cas de déficits excessifs. Ces derniers pourront ainsi présenter leur propre trajectoire d'ajustement afin d'assurer la soutenabilité de leur dette, leur laissant plus de temps s'ils engagent des réformes et des investissements. Malgré cet assouplissement, l'Allemagne et ses alliés "frugaux" ont obtenu de durcir ce cadre budgétaire en imposant un effort minimum chiffré de réduction de la dette et des déficits.

De lourdes économies pour la Belgique

Le texte reste ainsi critiqué par de nombreux syndicats et élus de gauche comme un outil risquant d'installer l'austérité en Europe. "30 milliards d'économies, c'est ce qui attend le prochain gouvernement belge dans les années à venir si on obéit aux nouvelles règles budgétaires européennes", a alerté la FGTB. Selon le syndicat, ces plans d'austérité priveront les États membres, dont la Belgique, d'investissements pourtant "cruciaux" dans les politiques sociales et les services publics.

"Les efforts demandés à la Belgique sont l'équivalent de trois fois le budget annuel des hôpitaux ou encore sept fois la dotation accordée à la SNCB. Ce serait la fin de l'État social", a appuyé la FGTB. En marge du Conseil des Affaires économiques et financières (ECOFIN) tenu mardi, l'organisation syndicale demande à la Belgique de s'opposer à cette trajectoire budgétaire. Selon le syndicat socialiste, d'autres solutions existent, comme un impôt sur la fortune ou une réforme fiscale qui fasse davantage contribuer le capital.

"Si ces nouvelles mesures européennes venaient à passer, non seulement notre système de protection sociale serait en danger, mais l'urgence d'un refinancement des services publics, d'une augmentation du salaire minimum, de projets de relance économique ou encore d'une transition vers une économie bas carbone, ne pourra aboutir", a martelé le président de la FGTB, Thierry Bodson (photo).

Selon le syndicaliste, "aucune étude scientifique ne démontre qu'un certain niveau d'endettement empêche de connaître un développement économique", à l'instar du Japon ou des États-Unis dont les dettes publiques demeurent particulièrement élevées. "Alors, pourquoi nous imposer un maximum de 60% d'endettement du PIB ?", a interrogé Bodson. Le syndicat a déclaré qu'il se réunira "autant qu'il le faudra" pour empêcher cette réforme budgétaire d'ici au vote prévu fin avril en session plénière à Strasbourg.

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