Vingt-quatre établissements scolaires sont restés portes closes ce mardi dans la ville de Gand (Flandre orientale), à la suite d’une action de protestation des enseignants et du personnel administratif. D’après le syndicat socialiste ACOD, ce sont avant tout des écoles primaires qui sont fermées. La grève fait suite au projet de la ville de Gand de consacrer une partie du budget pour le personnel administratif au profit du personnel soignant. Il s’inscrit aussi dans le cadre des actions de protestation organisées ce mardi par les syndicats contre les mesures d’austérité européennes.
Près de 25 écoles sont fermées à Gand à la suite d'une action spontanée
A l'origine de cette agitation sociale dans les écoles gantoises, une modification du budget qui obligerait le personnel à assumer des tâches de soins supplémentaires, expliquait Kristof Bruyland, permanent syndical. L’ACOD demande à la ville de Gand et au gouvernement flamand d'intervenir dans ce dossier. "Il s’agit de la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La pression de travail est très élevée en raison du manque d’enseignants, et c’est juste le moment que la ville de Gand choisit pour lancer un plan d’économie", précisait Kristof Bruyland.
L'administration communale veut économiser sur le personnel qui est financé par la ville, en supplément du personnel subsidié par le gouvernement flamand. "Cela représente environ 19,5 équivalents temps plein provenant du cadre non-subsidié qui seront supprimés", indiquait le permanent syndical.
Un accueil d'urgence est prévu dans la moitié des écoles fermées ce mardi, mais pas dans l'autre moitié, affirme le syndicat socialiste. Ce dernier réclame davantage de moyens pour l'enseignement.
Annonce tardive
A l’école primaire Le Triangle, le personnel enseignant et administratif est en grève, mais un accueil d’urgence est organisé pour aider les parents. "Davantage de soins est évidemment très important, mais si les enseignants ou la direction doivent ajouter à leur charge celle du personnel administratif, je crains que beaucoup d’écoles ne vont plus pouvoir suivre", expliquait l’institutrice Lisa Derudder à Radio 2.
"La décision dont il est question était en suspens", réagissait Evita Willaert (photo), l’échevine gantoise de l’Enseignement. Elle estime que le gouvernement flamand est responsable du mécontentement du personnel des écoles parce que l’enseignement est trop peu subsidié. "Il s’agit d’équipes scolaires qui sont à bout de forces, de directeurs qui craignent chaque matin de recevoir l’appel d’un enseignant supplémentaire qui est malade, mais aussi de personnel de soins qui ne peut les prodiguer parce qu’il doit aller en classe pour pallier au manque criant d’enseignants".
Les syndicats appellent aussi les collaborateurs du département gantois Enseignement à participer à la grève. L’administration communale a prévenu les parents dont les enfants bénéficient d’un accueil après l’école qu’il pourrait y avoir aussi des problèmes et regrette l’annonce tardive de l’action de protestation.
Les parents se plaignent aussi d’avoir été prévenus trop tard, constate Radio 2. "Nous avons reçu un message lundi soir à propos de la fermeture de l’école ce mardi", indiquait un parent à Radio 2. "Nous comprenons les revendications, l’enseignement flambe. Mais qui est touché par cette action ?". Environ 200 manifestants et quelques enfants se sont rassemblés en matinée aux halles de Gand.
