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Moins de 6 dentistes sur 10 adhèrent à la convention médico-mutualiste 2024-2025, ils jugent les tarifs insuffisants

Seuls 56,97% des dentistes ont marqué leur accord à la convention médico-mutualiste 2024-2025, le seuil d'entrée de 60% - pour que la convention entre en vigueur - n'est donc pas atteint. Les mutuelles regrettent cette situation et craignent qu'il n'y ait pas de certitude tarifaire pour les patients. L’accord médico-mutualiste a par contre remporté un large suffrage auprès des médecins, kinésithérapeutes et logopèdes.

Eric Steffens
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Tous les deux ans, les prestataires de soins de santé et les caisses d'assurance maladie concluent de nouvelles conventions tarifaires au sein de l'Institut national belge d'assurance maladie et invalidité (INAMI). Ces accords fixent, entre autres, les taux de remboursement des soins pour les patients des prestataires de soins de santé conventionnés. Cela doit permettre de garantir la sécurité tarifaire des patients.

Le 20 décembre 2023, le comité d'assurance de l'INAMI avait conclu plusieurs accords à ce sujet pour la période 2024-2025. L'accord avec les dentistes prévoyait une augmentation du budget de près de 10 %. Une indexation des honoraires de 6,05 % a également été convenue.

Les dentistes avaient jusqu'au 6 mars 2024 pour indiquer s'ils adhéraient individuellement à l'accord, finalement seuls 56,97 % d'entre eux l'ont fait. Le seuil de 60 %, pour que l'accord entre en vigueur, n’a donc pas été atteint.

Pour le patient, cela signifie qu'il n'y aura plus de certitude tarifaire.

Mutualité chrétienne (MC)

Frank Herrebaut, de la Vlaamse Beroepsvereniging Tandartsen (Association dentaire professionnelle flamande), estime que ce choix est compréhensible. "Je me suis moi-même retiré de l'accord parce que j'ai dû conclure que les nouveaux tarifs étaient insuffisants pour assurer une pratique rentable", déclare Frank Herrebaut. "Nous assistons à une numérisation massive du secteur, ce qui implique des investissements considérables pour les dentistes. À cela s'ajoute la forte augmentation des frais de personnel".

Dans une réaction, la Mutualité chrétienne (MC) dit regretter cette situation. "Pour le patient, cela signifie que, si aucune solution n'est trouvée, les dentistes seront libres de fixer leurs tarifs et qu'il n'y a donc pas de certitude tarifaire."

Pour les Flamands, les soins bucco-dentaires seront donc beaucoup plus chers que pour les francophones.

Solidaris

La mutualité socialiste Solidaris abonde dans le même sens. "Nous avons investi massivement dans l'augmentation des honoraires des dentistes au cours des deux dernières années. Apparemment, pour une grande partie des dentistes, cela n'a pas suffi ou n'a pas été apprécié", a estimé le secrétaire général Paul Callewaert.

Selon les chiffres de Solidaris, le seuil de 60% est bien respecté à Bruxelles et en Wallonie. "Pour les Flamands, où les dentistes se sont déconventionnés massivement, les soins bucco-dentaires seront donc beaucoup plus chers que pour les francophones."

Le ministre des Affaires sociales, Frank Vandenbroucke (Vooruit), entamera une concertation avec le secteur "à court terme", rapporte l’INAMI. Le cabinet du ministre n'a pas voulu faire d'autres commentaires pour l'instant.  

Forte adhésion des médecins à l'accord médico-mut

Dans les autres secteurs, le seuil de 60 % requis a été atteint. Parmi les médecins, une grande majorité (86,26 %) a adhéré à la convention. Ce taux est similaire à celui des années précédentes.

Un budget de 11,7 milliards d'euros a ainsi été prévu pour les honoraires médicaux en 2024, permettant de revaloriser les prestations des médecins généralistes et des médecins spécialistes. L'accord prévoit, entre autres, une augmentation du tarif de garde pendant les week-ends et jours fériés pour les médecins généralistes. Pour les patients, les tickets modérateurs des honoraires médicaux resteront inchangés.

Chez les kinésithérapeutes (66,11 %) et les logopèdes (67,38 %), le seuil a été atteint de manière moins convaincante. Les patients qui optent pour les prestataires de soins non conventionnés seront remboursés 25 % de moins. Dans les secteurs qui ont accepté la convention, on ne sait pas encore si tous les districts ont également accepté les tarifs. Ces chiffres sont attendus dans le courant de la semaine.

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