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Le nombre d'élèves qui quittent l'école sans diplôme a augmenté de 45% depuis 2015 en Flandre

Le nombre d'élèves flamands qui quittent l'enseignement secondaire sans aucun diplôme en poche a augmenté de près de 50% en l’espace de 10 ans. C’est maintenant le cas pour un élève sur sept, indiquent des données fournies par l'administration flamande de l'Enseignement. Dans les plus grandes villes de Flandre, c’est même un élève sur cinq qui quitte l’école sans avoir décroché un diplôme. Il s’agit le plus souvent d’élèves de l’enseignement professionnel (à temps partiel ou non) ou qui ont doublé, ou encore de jeunes dont la langue maternelle n’est pas le néerlandais.

Anne François Belga
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En 2022, quelque 14% des élèves flamands ont ainsi quitté l'enseignement secondaire sans qualifications, alors qu'ils n'étaient encore que 9,7% en 2015. En 2019, ce taux avait atteint 12,1%, un niveau qu'il avait gardé jusqu'en 2021, avant de bondir à 14,1% en 2022.

Le phénomène est beaucoup plus important dans l'enseignement professionnel (22,7%) et artistique (12,9%). Dans l'enseignement général ordinaire, le chiffre n'est que de 3,6%, et de 10,7% dans le technique. Les garçons (17,3%) sont bien plus concernés que les filles (10,7%). Dans l'enseignement en alternance, la situation est encore plus inquiétante puisque le taux d'abandon est même proche de 60%, selon les statistiques du ministère de l’Enseignement.

À quelques mois des élections, celles-ci ont sans surprise suscité pas mal de réactions inquiètes au sein de l’opposition flamande.

Mauvaise orientation

Ces chiffres inquiétants, mais pas totalement inattendus, soulignait Guy Duchene, coordinateur de l’enseignement à temps partiel et en alternance à l’école Spectrum d’Anvers. "Les chiffres sont élevés depuis bien longtemps déjà et n’ont jamais été perçus comme une urgence. Ils avaient été escomptés après la suppression de l’enseignement à temps partiel et la transition forcée vers l’enseignement en alternance à l’école et sur le terrain", indiquait Duchene dans l’émission "De ochtend".

Cela prouve que l’enseignement à temps partiel et l’enseignement professionnel ont toujours été la dernière marche du système en cascade. Dans l’enseignement général, le nombre d’élèves qui quittent l’école sans diplôme est de 4%. On y travaille avec des attestations B. Cela signifie que l’élève a réussi mais qu’il est exclu d’une option en particulier. Souvent ces élèves atterrissent dans l’enseignement professionnel ou technique, alors que ce n'est pas leur premier choix, souligne Duchene. Ils finissent éventuellement par être démotivés et décrochent.

Apprendre en alternance combine l’apprentissage à l’école et sur un lieu de travail. "Mais c’est destiné à un tout autre public. C’est pour les élèves très forts. Le public actuel n’est pas adapté à ce type d’enseignement. Et il n’y a pas beaucoup d’autres options”, regrette Guy Duchene.

Ecole buissonnière et pauvreté

Les élèves qui font l’école buissonnière posent aussi problème. Ils finissent souvent par décrocher de l’école. "Les écoles peuvent suivre ce problème pendant un certain temps, mais par la suite - et certainement pour le groupe d’élèves à partir de 17 ans - elles n’ont pas assez le temps".

Un problème se pose aussi si un élève doit travailler alors qu’il a normalement cours. "Souvent le travail est une pure nécessité pour ces élèves, parce qu’ils vivent dans une trop grande pauvreté". Et une situation familiale difficile alourdit encore la tâche.

Stefaan Grielens des Centre d’accompagnement d’élèves voit de nombreux efforts effectués pour accompagner les élèves qui quittent l’école sans diplôme. Mais il estime qu’il faut aussi de la prévention. “Dès l’école primaire nous devons regarder quels endroits sont bons pour les enfants concernés. Nous l’avons trop peu fait par le passé”.

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