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Une tradition remontant au 14e siècle pourrait disparaître à Grammont

Grammont espère une exception pour pouvoir encore boire des poissons vivants à la fête des craquelins

Une tradition ancestrale remontant au 14e siècle et inscrite depuis 14 ans sur la liste de l’Unesco risque-t-elle de disparaître à Grammont, en Flandre orientale ? C'était sans doute la dernière fois que des poissons vivants se trouvaient ce dimanche 25 février dans le calice rempli de vin qui est brandi à la fin de la procession qui marque la fête des craquelins. Krakelingen est fêté en même temps que le Tonnekensbrand, au cours duquel des tonneaux sont enflammés. La ville de Grammont espère bénéficier d’une exception après l’entrée en vigueur du nouveau Code flamand du bien-être animal.

Anne François Belga
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Grammont célèbre deux fêtes le même jour : les Krakelingen et le Tonnekensbrand - les craquelins et les tonneaux enflammés. Le compte communal le plus ancien qui ait été conservé (1393) fait déjà mention des frais destinés à la fête du feu du Tonnekensbrand, déjà organisée à l'époque par l'administration communale et qui était déjà qualifiée d'ancienne tradition. Depuis lors, on trouve des traces de manière ininterrompue des Krakelingen comme du Tonnekensbrand dans les comptes communaux, sauf pendant les guerres de religion du 16e siècle et pendant les deux Guerres Mondiales.

Cette tradition ancestrale rappelle le siège du village de Grammont, situé dans la région de Gand tout proche d'Audenarde, par Gautier IV d'Enghien. Pendant la guerre de Cent Ans, ce dernier fut Maréchal de Flandres sous Louis II et étouffa la rébellion dans plusieurs villes et villages, dont Grammont en 1381. Il mourut juste après dans une embuscade pendant le siège de Gand. Lors de cette célébration, un cortège folklorique jette des craquelins (petits pains sucrés) dans la foule et des tonneaux sont enflammés.

Des tonneaux sont enflammés
Des craquelins sont jetés dans la foule

Inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2010, cette tradition sera normalement interdite par le nouveau Code flamand du bien-être animal. Au terme de la procession et avant le lancer de craquelins, le doyen, le bourgmestre, les échevins et les membres du conseil communal boivent actuellement une gorgée de vin dans un calice vieux de 400 ans qui contient un petit poisson vivant. Les organisations de défense des animaux ont déjà tenté de longue date de faire interdire cette coutume. Sans succès.

Depuis quelques années, les poissons avalés vivants sont néanmoins devenus plus petits, indique l’échevin du Bien-être animal de Grammont, Stephan De Prez. Mais tout comme une majorité d’habitants, il estime dommage que la tradition doive disparaitre. "Krakelingen ce sont quatre éléments : les petits poissons, le vin, le pain et le feu. Cela voudrait dire que l’un des éléments est supprimé. Cela fait pourtant partie de notre patrimoine culturel", renchérissait Elke Breynaert du Comité de la fête des craquelins.

Les poissons sont placés dans un calice vient de 400 ans

Les poissons avalés souffrent-ils ?

La discussion porte depuis longtemps sur le fait de savoir si les poissons qui sont avalés par les notables de la ville meurent en souffrant. Nombre de responsables estiment qu’ils sont déjà anesthésiés par le vin dans lequel ils nagent. Mais des organisations de défense des animaux comme Gaia ne sont pas du même avis.

Le nouveau Code flamand du bien-être animal devrait faire évoluer la situation. Le texte, qui interdit que des animaux soient tués en vertu d'une tradition, n'a cependant pas encore été approuvé par le Parlement. Il ne devrait dès lors pas entrer en vigueur avant 2025, bannissant alors la tradition de Grammont.

L’administration communale espère néanmoins obtenir auprès des autorités flamandes une exception au futur Code de bien-être animal. Sinon, elle devra trouver un remplaçant aux petits poissons. 

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