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Divers ossements de mammouth découverts lors des travaux du chantier du métro nord-sud à Bruxelles

Des fouilles archéologiques préventives effectuées à l'initiative de l'administration bruxelloise de l'Urbanisme et du Patrimoine, urban.brussels, ont permis de découvrir divers ossements de mammouth et autres animaux paléolithiques sur le chantier du métro nord-sud à Bruxelles, sur le site de la future station Toots Thielemans et à proximité.

Eric Steffens Mariska Schalck Belga
Publié:

Bruxelles sera bientôt dotée d'une nouvelle ligne de métro nord-sud, dont les travaux battent leur plein. Alors que la STIB travaille à la construction de la nouvelle station de métro Toots Thielemans, urban.brussels reste à l'affût de toute découverte archéologique. En effet, ce n'est pas la première fois que de grands travaux de construction mettent au jour des surprises archéologiques. Mais cette fois-ci, les découvertes sont assez extraordinaires.

Que fait urban.brussels ? Urban.brussels est l’administration publique qui s'occupe de l’urbanisme et du patrimoine sous toutes ses formes. Lorsque des travaux, petits ou grands, sont prévus en Région de Bruxelles-Capitale, urban.brussels vérifie le "potentiel archéologique". Ensuite, il peut, par exemple, effectuer des fouilles préalables ou, comme dans le cas de cette découverte, superviser les travaux.

Un fémur de mammouth

Découvertes assez extraordinaires

Il s'agit notamment de fémurs de deux mammouths, mais aussi d'un fragment de défense de mammouth et de bois de cerf élaphe ainsi que d'une mandibule de cerf élaphe ou de megaloceros, un cerf géant.

Ils ont été présentés à la presse vendredi matin dans les locaux de l'administration régionale de l'Urbanisme urban.brussels par la secrétaire d'État bruxelloise en charge du Patrimoine et de l'Urbanisme, Ans Persoons (Vooruit), la responsable du Département Archéologie d'urban.brussels, Ann Degraeve, et l'archéozoologue de l'Institut Royal des Sciences Naturelles, Bea De Cupere.

Cette mâchoire inférieure appartenait probablement à un cerf élaphe.

Les ossements se trouvaient à une profondeur de 8 à 9 mètres, ce qui, selon Bea De Cupere, signifie qu'ils datent probablement de la dernière période glaciaire. Soit environ 120.000 à 11.700 ans.

Comme aucun autre artefact n'a été trouvé, il est difficile d’effectuer une datation encore plus précise. Pour cela, il faudra attendre la datation au carbone qui sera bientôt effectuée sur les os. Bea De Cupere pense que ces ossements ont environ 40 000 ans.

La découverte du bois de cerf élaphe

Le fait que ce soit souvent les mêmes animaux que l'on retrouve n'est pas une coïncidence, selon Bea De Cupere. "À l'époque où ces animaux vivaient, il faisait très froid ici. Les glaciers avaient pris beaucoup d'ampleur et formaient une grande calotte glaciaire sur l'Europe du Nord. Même le nord de l'Allemagne était recouvert de glace.

"À cause de ces couches de glace, le niveau de l'eau de mer était beaucoup plus bas qu'aujourd'hui. Là où se trouve aujourd'hui la mer du Nord, il y avait alors une vaste et profonde vallée. Un espace plus que suffisant pour accueillir de grands troupeaux d'animaux, tels que le cheval sauvage, le bison des steppes et le rhinocéros (laineux). Ce sont donc des vestiges de ces animaux que l'on trouve encore occasionnellement dans les grandes structures".

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On ne sait pas encore très bien ce qu'il adviendra des ossements nouvellement découverts. En attendant, ils se trouvent déjà dans un laboratoire, où des analyses sont en cours. Ensuite, les ossements seront envoyés à l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique. Ils y seront définitivement identifiés et bénéficieront d'une protection supplémentaire. Il appartiendra ensuite à urban.brussels de décider ce qu'il convient de faire de cette découverte extraordinaire.

Selon toute vraisemblance, les ossements seront exposés quelque part. On ne sait pas encore si ce sera dans la future station de métro ou ailleurs. Pendant ce temps, les travaux de terrassement de la station de métro se poursuivent. Comme les fouilles se poursuivent à la même profondeur, les archéologues espèrent que d'autres belles choses remonteront à la surface. Ils continueront donc à suivre les travaux avec une attention particulière.  

Découvertes antérieures à Bruxelles

Les découvertes de faune préhistorique sont rares en Région bruxelloise. Elles surviennent principalement lors de travaux d'envergure tels que la construction de tunnels ou de parkings souterrains très profonds.

En 1912 , lors des travaux de terrassement pour la construction d'un immeuble au 165 avenue de Tervueren, à Woluwe-Saint-Pierre, des restes osseux de rhinocéros laineux avaient été découverts ensemble avec un biface intact réalisé par un Néandertalien et datant du Paléolithique moyen (entre 124.000 et 34.000 ans). 

En septembre 1972, lors de travaux sur la ligne de métro nord-sud, un morceau de défense de mammouth a été découvert. Le fragment gisait à près de 13 mètres de profondeur. Des ossements d'un rhinocéros laineux ont également été découverts à cette occasion. Ces ossements sont donc souvent associés aux alluvions de l'ancien lit de la Senne à des profondeurs variant entre 8 et 12 mètres, mais pas seulement. 

Dans les années 1980, lors des travaux de terrassement de la station Gare du Midi, des ossements d'animaux préhistoriques (mammouths, cerfs, bisons), datant de 30.000 ans, ont été découverts. Une convention de prêt d'ossements a dès lors été conclue entre l'Institut Royal des Sciences Naturelles et la STIB. Dès 1988, ces ossements ont été exposés dans une vitrine. Celle-ci a été rénovée en 2017 et agrémentée d'un décor scénographique et d'un éclairage valorisant.

La dernière grande découverte remonte à 2018, lorsqu'un morceau de défense de mammouth a été mis au jour sur un chantier de construction à Schaerbeek. Lors de l'excavation d'un parking existant, la couche de terre a été creusée à l'endroit où se cachait le morceau de défense de mammouth.

Ces fouilles préventives permettent aussi de découvrir des éléments d'un passé plus récent de l'histoire de la vie humaine

Ainsi, la récente construction du centre administratif de la Ville de Bruxelles à la place de l'ex-parking 58, à quelques centaines de mètres de l'Hôtel de Ville de Bruxelles, avait permis de mettre à jour un quai d'embarquement datant vraisemblablement du 14e siècle. Des objets et des restes d'aliments qui ont permis d'en savoir un peu plus sur le mode de vie des habitants de Bruxelles à cette époque ont également été retrouvés.

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