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Le ministre Vincent Van Peteghem au micro de VRT NWS

Van Peteghem: "Avoir le courage de dire que des efforts et des réformes budgétaires sont nécessaires"

Les nouvelles règles budgétaires européennes - qui doivent notamment permettre aux Etats membres de réduire leur taux d’endettement - représentent un encouragement accru aux réformes si la Belgique veut éviter à l’avenir que l’Union européenne ne lui impose certaines choses, estimait ce mardi le ministre fédéral des Finances, Vincent Van Peteghem, au micro de VRT NWS (photo). Le prochain gouvernement fédéral ne pourra pas passer sous silence les problèmes budgétaires. "Nous savons que notre budget n’est pas bon et nous devrons avoir le courage de dire que des efforts et des réformes sont nécessaires afin de protéger notre sécurité sociale et notre bien-être social", déclarait le ministre.

Anne François Belga
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Au titre de président en exercice du Conseil "Ecofin" (rassemblement des ministres de l'Économie et des Finances des 27), dans le cadre de la présidence belge du Conseil de l’Union européenne, Vincent Van Peteghem est parvenu le week-end dernier à un accord avec le Parlement européen sur la réforme de la manière dont l'UE surveille les budgets nationaux. Dans ce cadre, la Belgique, avec son déficit budgétaire et sa dette publique élevés, serait confrontée à un effort budgétaire estimé à 27 milliards d'euros sur sept ans.

En effet, les pays membres qui présentent un déficit budgétaire dépassant 3% de leur produit intérieur brut ou un taux d’endettement de plus de 60% devront faire un effort annuel de 0,5%. Les pays qui ont un déficit nettement plus élevé - comme c’est le cas de la Belgique actuellement, avec un taux d’endettement dépassant 90% - devront faire un effort supplémentaire. Ils devront faire baisser leur taux d’endettement de 1% par an. Chaque pays membre recevra de l’UE un plan budgétaire pour une période de 4 ans.

Le gouvernement fédéral actuel fournit déjà des efforts, souligne le ministre démocrate-chrétien flamand. Mais il est inévitable, selon lui, qu'après les élections législatives et européennes de juin, le gouvernement suivant définisse une trajectoire budgétaire pluriannuelle avec des réformes profondes dans des domaines tels que les pensions et les soins de santé, où les dépenses sont appelées à augmenter considérablement dans les années à venir.

"Eviter que l’Europe ne prenne les commandes"

"Nous sommes arrivés à un point où nous ne pouvons plus continuer à mettre cela sur le côté", prévient le ministre belge des Finances. "Aujourd'hui, nous sommes toujours aux commandes. Il faut éviter que nous soyons sanctionnés et que l'Europe commence à nous imposer des mesures".

En comparaison avec le cadre actuel, les nouvelles règles offrent plus de flexibilité aux États membres mais en contrepartie d'une trajectoire financière sur mesure à long terme, le contrôle et les sanctions seront aussi plus sévères, souligne Vincent Van Peteghem. Toutefois, aucun pays n'a jamais été sanctionné dans le cadre de la surveillance budgétaire européenne. La présence de sanctions dans les textes est plutôt de nature dissuasive, car il ne peut être question de générer davantage de déstabilisation économique dans un État qui en souffrirait déjà, avait reconnu fin décembre le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis.

Président de la commission des Budgets du Parlement européen et adepte d'une grande rigueur budgétaire, le député Johan Van Overtveldt (N-VA) avait pour sa part dénoncé cette ineffectivité des sanctions: "Où est le bâton pour faire la leçon aux récalcitrants ? Beaucoup de rhétorique, mais à peine plus qu'un doigt dressé en signe d'avertissement", avait-il affirmé.

"Il faut une plus grande coordination au niveau européen"

Vincent Van Peteghem estime d’autre part qu’il faut davantage de coordination des décisions au niveau européen, par exemple dans le domaine des budgets alloués à la Défense. "Actuellement chacun des 27 membres décide par exemple quelles munitions il veut utiliser ou sur quel domaine il veut davantage se focaliser, mais il faudrait une meilleure coordination. Le budget total de défense est énorme. Si nous parvenions à l’utiliser de façon plus efficace, nous aurions un plus grand impact en tant que continent".

Reste à voir qui, après les élections, sera encore candidat au poste de ministre des Finances en Belgique. "Je réalise bien que dans la période à venir il faudra un certain courage et une capacité à diriger pour nous permettre de réaliser ces efforts financiers. On peut considérer les chiffres de façon pessimiste ou optimiste. J’opte pour un regard réaliste. Nous savons que notre budget n’est pas bon et nous allons devoir avoir le courage de dire que des efforts et des réformes s’imposent, afin de protéger notre sécurité sociale et notre bien-être social", concluait Vincent Van Peteghem.

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